Un animal de deux mètres septante et pesant près de deux tonnes campera désormais dans le parc du Conservatoire. Il s’agit en réalité d’une sculpture en béton noir – acquise par la Ville sur proposition de la Commission des Affaires culturelles. L’oeuvre, intitulée le « Rhinocéros », est signée de l’artiste Olivier Estoppey .

Ce n’est pas la première fois que Nyon expose une pièce de ce sculpteur. En effet, en 2008, Olivier Estoppey présentait à Nyon sur la Place du Château cinq grands personnages, de béton, lancés dans une « Course au sac » immobile. Cette exposition temporaire était organisée avec la collaboration de Visarte pour son action « Espace d’une sculpture ». A cette occasion – et également lors d’une visite, toujours en 2008, de Bex & Arts où Olivier Estoppey présentait « Des loups qui traversent la nuit » -, la Commission des affaires culturelles de la Ville de Nyon avait remarqué le travail de cet artiste et, dès 2009, envisageait une acquisition pour la Ville de Nyon.

Pour répondre à la sollicitation de la Commission des Affaires culturelles, Olivier Estoppey a proposé une sculpture réalisée pour l’exposition 1987 de Bex & Arts, un grand rhinocéros mis en scène dans une installation monumentale intitulée « Pocomat e mat ». Il était alors présenté à l’extrémité d’une passerelle de bois de plus de cent vingt mètres de long et enfermé dans une cage de fer ajourée. (A Nyon, seul le « Rhinocéros » sera exposé). La commission des Affaires culturelles et la Municipalité, impressionnées par la force expressive de cette pièce, ont décidé d’en faire l’acquisition pour Nyon.

Plusieurs emplacements ont été envisagés dans différentes zones de la ville et après une patiente recherche du lieu le plus adéquat, le choix a été arrêté sur le parc du Conservatoire pour différentes raisons : la taille du parc et de la sculpture sont en proportion, la beauté intrinsèque du lieu est de nature à mettre en valeur l’ouvrage et c’est une promenade très fréquentée et appréciée du public.

En choisissant cet emplacement, la Municipalité entend renforcer ce site dans son rôle culturel.
Une autre sculpture « Hommage à la musique – Trio » de Pierre Golay, y est déjà exposée de manière permanente et la musique s’invite souvent dans le parc grâce aux concerts du Conservatoire et bientôt également à ceux de l’Association Niedermeyer.

Avec cette oeuvre, la Commission des Affaires culturelles poursuit sa politique d’acquisition pour des espaces publics, après la commande en 2007 d’un triptyque pour le Centre funéraire régional à Carola Bürgi, puis celle en 2008 (un diptyque cette fois) à Bernard Garo pour le bâtiment des Services industriels à Champ-Colin.

L’ARTISTE
Olivier Estoppey est né en 1951 à Lucens. Il fréquente l’Ecole des Beaux-Arts de Lausanne de 1972 à 1977. De 1979 à 1980, il séjourne en France à Arles puis en Italie à Bologne. En 1981 et 1982, il est professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Sion. De 1983 à 1987, il est professeur assistant de dessin au département d’architecture de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. De 1993 à 2002, il est chargé de cours, chaire d’expression visuelle, au département d’architecture de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

MUNICIPALITÉ DE NYON
Dès 1980, il présente son travail de sculpteur en Suisse et en Europe à l’occasion de nombreuses expositions personnelles et collectives.
Il reçoit plusieurs prix et distinctions : Bourse Alice Bailly (1980), Bourse Irène Reymond (1986), Prix jeunes artistes UBS (1987), Prix jeunes créateurs, Fondation vaudoise pour la création artistique (1993), Bourse Fondation Baccarini (1999), Bourse Fondation Leenaards (2000) et Prix du public Bex & Arts (2002).
Il a collaboré par la sculpture (dix loups en béton) à un film long métrage de Pascal Thomas, « Le crime est notre affaire » en 2008. Cette même année, ses « loups » ont été exposés au Jardin du Palais-Royal à Paris.
Une magnifique monographie, intitulée « L’homme des lisières », a été éditée au printemps 2009, avec des textes de Pierre Starobinsky, de Nicolas Raboud et de Jean-Baptiste Harang.
Celui-ci se penche longuement sur le processus de création chez Olivier Estoppey.
Extrait de la présentation de P. Starobinski : « De cet atelier, rien ne sort jamais sans avoir été préalablement dessiné à un nombre d’exemplaires qui donne le vertige. L’oeuvre trouve son origine dans un coup de crayon qu’il faut transposer en matière. Tout commence toujours par ce rituel, traduire un monde rêvé de bêtes et de personnages fantastiques en dessin. Et le dessin prend souvent un tour obsessionnel, multipliant les copies ou embrassant des formats monumentaux. Parfois, les techniques employées se répondent en d’étonnants contraires.
Armé d’une gomme, Estoppey sculpte sa page préalablement noircie, il entre dans la profondeur du papier pour faire surgir une oie, un oiseau encore plus primitif, une fantasmagorie, une bête imaginaire (…) ; puis, quand viendra le temps de réaliser la sculpture en plâtre ou en béton, c’est par ajout de matière qu’il procédera. Estoppey a soigneusement choisi ses outils et matériaux. Il les a voulus simples. ( …) du bois, du plâtre, du béton, des fers soudés pour construire des pièces faites de multiples, des pièces qui donnent un sens au mot monumental. »

L’Homme des lisières, Olivier Estoppey et le génie du lieu, par Pierre Starobinski (VIII, IX),
Buchet – Chastel, Les Cahiers dessinés.

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L’oeuvre, intitulée le « Rhinocéros », est signée de l’artiste Olivier Estoppey .