Une place financière n’a jamais été le reflet d’un ou de quelques établissements dominateurs, mais un ensemble, aussi large que possible, de maisons variées qui, à la fois essaiment et prospèrent sur un territoire donné.

Londres et New York le sont, bien sûr, tout comme Hong Kong ou Singapour. Mais, Bruxelles, sous la coupe de la Société Générale de Belgique n’a su le devenir. Zurich même a souffert de l’hégémonie des grandes banques et de la Banque cantonale de Zurich et a, de ce fait, laissé portes ouvertes à Genève.

Sauter par la fenêtre avec son banquier
On peut donner une multitude d’explications à l’éclosion de la place financière genevoise. En partant de Montesquieu, en rappelant son centre géographique au centre de l’Europe, en passant par Voltaire qui rappelait qu’il fallait sauter par la fenêtre dès qu’un banquier empruntait cette voie. Nous nous bornerons à rappeler la neutralité de notre pays qui a valu à Genève un avantage historique jusqu’à la chute du mur de Berlin et le génie, n’ayons pas peur des mots, des banquiers genevois qui, génération après génération, ont su faire prospérer calmement l’argent de leurs clients, à l’abri de la volatilité et des soubresauts du reste de la planète.

Ces «petites boutiques»
Certes, Genève bénéficie toujours de l’aura de son histoire mais ce sont de tous autres arguments qui fondent l’attrait de la place financière. Il y a, bien sûr, la réalité géopolitique de la Suisse romande. Mais, bien au-delà, le savoir, les capacités et l’enthousiasme des jeunes pour rejoindre ces «petites boutiques» qui sont le ciment et l’avenir de Genève. Hier, 80% des jeunes qui sortaient des grandes écoles, l’élite de demain, aspiraient à gagner les grandes structures, que ce soit dans l’industrie ou la finance. Aujourd’hui c’est le contraire, 80% des jeunes qui sortent des études souhaitent créer leur propre entreprise ou se mêler à des petites structures dynamiques. Et que l’on soit sociologue ou psychiatre, physicien ou mathématicien, juriste ou comptable, il y a une place pour chacun dans la banque et/ou dans la finance. Et c’est ça la véritable richesse de Genève. Son attrait et ses chances à venir. Le formidable potentiel de ces jeunes bien formés, prêts à enrichir ces nouvelles structures qui sont la Genève Financière de demain.