Une large alliance d’organisations de protection des animaux demande une révision de l’ordonnance sur la protection des animaux. Le relèvement du niveau de protection des animaux voulu par le parlement doit maintenant être concrétisé dans les dispositions de l’ordonnance de manière respectueuse des animaux. Les organisations de protection des animaux demandent que les contradictions entre la loi et le projet d’ordonnance soient éliminées, que les imperfections soient corrigées et que les lacunes soient comblées.

Comment le niveau de protection des animaux doit-il être fixé?
Alors que le Conseil fédéral souhaitait conserver le même niveau de protection, le Parlement a procédé à plusieurs améliorations dans le projet de loi et a amélioré le niveau de protection. Hansuli Huber directeur de la Protection Suisse des Animaux PSA relevait lors d’une conférence de presse de 24 organisations de protection des animaux «Le niveau de protection des animaux exigé par le Parlement doit maintenant être concrétisé dans les dispositions de l’ordonnance». Sur de nombreux points, les organisations de protection des animaux soutiennent le projet d’ordonnance – mais, pour certains autres, elles en demandent davantage.

« Une détention respectueuse des animaux sauvages n’est toujours pas garantie »
Pour Peter Schlup, spécialiste des animaux sauvages de la Protection Suisse des Animaux PSA, même avec la nouvelle ordonnance, une détention respectueuse des animaux sauvages n’est toujours pas garantie. Les exigences minimales ont certes été partiellement relevées et les domaines des poissons et des décapodes ont été réglementés pour la première fois. En revanche il déplore l’absence des dauphins et des serpents venimeux dans la catégorie „Animaux sauvages dont la garde est particulièrement difficile“. Les intérêts des exploitants de cirques et la protection des animaux sont divergents.
Susanne Arnold, directrice de campagne pour Vier Pfoten/Quatre Pattes, se réjouit des dispositions prévoyant que les animaux d’espèces sociables puissent avoir des contacts sociaux appropriés et permettant un comportement propre à l’espèce. Cela concerne environ 11.5 millions d’animaux de rente en Suisse. Mais la mise en application concrète n’est pas satisfaisante : la détention individuelle de cochons d’Inde est toujours permise et un quart de mètre carré supplémentaire a été accordé aux cochons. Mais seule une production qui répond à des standards élevés peut subsister sur le marché.
Karen de Heus de la fondation pour la protection des animaux de Zurich se prononce sur la détention de chiens. En particulier concernant les questions de contact social, de formation, de mouvement et de logement les dispositions ont été renforcées, ce que les organisations de protection des animaux saluent. Si le contact et le jeu avec les congénères et les êtres humains sont assurés régulièrement, on réduit les problèmes et le stress. Plusieurs autres obligations, qui vont dans l’intérêt des animaux et qui permettent d’éviter des accidents, font en revanche toujours défaut. Comme pour les chiens, des réglementations doivent être améliorées pour d’autres animaux domestiques.

« Déficits dans le domaine des expérimentations animales »
Susanne Scheiwiller de la fondation pour une recherche sans expérimentation animale (FFVFF) relève les déficits dans le domaine des expérimentations animales qui devraient pouvoir être comblés sur la base du principe de la dignité de l’animal inscrite dans la loi actuelle. Une détention des primates respectueuse des espèces est quasiment impossible dans les laboratoires de recherche ce qui dévalorise la recherche. La recherche sur les primates doit par conséquent être complètement abandonnée – ou au moins les expériences sur les singes anthropoïdes.

Problèmes importants dans la mise en application du droit sur la protection des animaux
Antoine F. Goetschel constate des problèmes importants dans la mise en application du droit sur la protection des animaux. Il voit comme un progrès les cours de formation et de perfectionnement prévus dans la nouvelle ordonnance pour les responsables de l’exécution. Pour que la Confédération puisse exercer sont rôle de contrôle, elle doit être régulièrement informée par les vétérinaires cantonaux. La révision de l’ordonnance n’a un sens que si la mise en exécution est améliorée.

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Bichon Maltais non encore muselé