Plutôt que de chercher uniquement de nouvelles sources d’énergie, mieux vaut commencer par arrêter de gaspiller. C’est ce que propose Novatlantis, un programme des Ecoles Polytechniques Fédérales soutenu par l’Office Fédéral de l’Energie et conduit dès le départ en étroite collaboration avec le Canton de Bâle. Novatlantis propose de limiter drastiquement la consommation d’énergie: chaque être humain aurait droit à une quantité définie. Pour expliquer cette vision, encore faut-il un concept simple et facile à communiquer.

Société à 2000 watts
Tout au long de l’année, 24 heures sur 24, un individu ne devrait pas dépenser plus que l’équivalent de vingt ampoules de 100 watts allumées en permanence. Ces 2000 watts englobent toutes les énergies confondues: essence, mazout, électricité, mais aussi l’énergie grise nécessaire à la production d’un objet. Ce total correspond à la moyenne mondiale actuelle. Aujourd’hui, un Helvète consomme plus de 5000 watts et un Américain 12000 tandis que dans certains pays d’Asie et d’Afrique une partie infinitésimale de cette quantité est utilisée par personne. La vision de la « société à 2000 watts », qui permet de réaliser un équilibre entre les pays industrialisés et ceux en développement, offrirait donc un niveau de vie plus équitable et de bonne qualité à tous les habitants de la planète. Un processus des plus ambitieux qui n’aboutira que si l’économie, la science et la politique mettent en place de concert les stratégies qui lui sont nécessaires.

5000 watts pour chaque suisse
Pour l’instant, c’est l’optimisme qui prime. Roland Stulz, Architecte et Directeur de Novatlantis, estime en effet que les résultats escomptés pour le programme sont pleinement atteints. Depuis son lancement officiel en 2003, le canton de Bâle a joué le rôle de région-pilote. Ce laboratoire pratique du développement durable a expérimenté de nombreuses technologies novatrices en matière de transport et de construction notamment. Des expériences précieuses ont été réunies dans la région qui pourront par la suite être répliquées et adaptées dans le reste de la Confédération et pourquoi pas au-delà de nos frontières. « Le rôle principal de Novatlantis est d’être l’intermédiaire ou l’interface entre la recherche scientifique et son application concrète », explique M. Stulz. Depuis 2006, Zurich a rejoint Bâle comme ville-pilote. En janvier 2007, la Fondation européenne FEDRE pour le développement durable des régions, présentait pour la première fois à Genève le programme Novatlantis lors de son Forum organisé dans le cadre de «Place des Affaires». En été 2007, avec les principaux acteurs concernés, naissait l’association «Genève à 2000 watts» répondant aux objectifs du Conseil d’Etat.

D’après les chercheurs, la « société à 2000 watts » est tout à fait compatible avec la croissance économique. Elle devrait même la stimuler car elle fait appel à la technologie et constitue une source d’emplois, comme le prouve l’expérience de Freiburg-im-Breisgau (Allemagne) où 300 entreprises ont été créées aux portes de la Forêt-Noire. Mais malgré l’abondant savoir-faire dont dispose la Confédération dans ce domaine, les mesures incitatives de la part des politiques publiques restent encore trop timides.

img6522.jpg

Les partis politiques s’écharpent sur l’avenir énergétique du pays et chacun affine son programme en matière de politique de l’environnement.