L’ambiance était un peu particulière à la salle des fêtes. Il faut dire que le maire qui allait ""présenter ses vœux aux administrés faisait là son dernier discours officiel. Ce n’est pas un scoop, il y a bien longtemps qu’Andrée Rabilloud avait annoncé qu’elle ne briguerait pas un nouveau mandat.
C’est devant une nombreuse assistance qu’Andrée Rabilloud, entourée de ses adjoints et des membres du conseil municipal, s’adressait à la population à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux de la municipalité.
Avant de commencer son propos, elle souhaitait remercier Georges Colombier, Membre honoraire du Parlement et conseiller général du canton – Pierre Caillet, président de la Communauté de Communes de la Région Saint-Jeannaise, maire de Meyssiez – Claire Debost, présidente du Syndicat d’Initiative du Pays Saint-Jeannais, suppléante de Georges Colombier, et ses administrés pour leur présence en cette soirée si spéciale.
“Comme vous le savez, en période préélectorale, il est difficile de faire état de toutes les réalisations des 6 années écoulées, et difficile, aussi, d’évoquer les projets et les réalisations futures, alors, pour ma dernière intervention devant vous, j’ai choisi de vous raconter une histoire”. Voilà que le professeur a repris les bonnes habitudes du temps où elle enseignait dans les lycées. Alors, “il était une fois, un couple d’étrangers très pauvres qui rêvaient de devenir français car dans leur cœur, la France était un beau pays accueillant et généreux.
Après plusieurs années de démarches laborieuses, ils obtinrent cette naturalisation tant attendue et c’est plein de reconnaissance et surtout très fiers, qu’à chaque élection, ils accomplissaient leur devoir de citoyens.
Ce couple avait une fille âgée d’une dizaine d’années au moment où, pour la première fois, ils votèrent pour les élections municipales.
La petite fille ressentit si fort le bonheur, la fierté, mais surtout l’espoir de ses parents en des jours meilleurs, qu’elle dit à son père : “un jour je serai maire”.
La commune s’appelait Pusignan, la petite fille, c’était moi, mais c’est vous, chers amis, qui m’avez permis de réaliser cette promesse d’enfant même si, à l’époque, je ne voyais que la reconnaissance de mes parents pour une personne qui les avait aidés dans leurs démarches.
Si je vous raconte tout cela, c’est pour vous dire merci.
Merci à Robert Gonnet et Marcel Fouilleux qui avaient bien voulu que je sois présente sur leur liste en 1977. Merci aux adjoints, aux conseillères et conseillers municipaux successifs pour leur aide et leur soutien lors de nos nombreuses réalisations : notre village a tellement évolué.
Merci aux employés communaux pour leur travail sérieux et consciencieux pour me rendre la tâche plus facile.
Merci aux enseignants qui ont toujours été partie prenante quand il s’agissait de faire participer les enfants de l’école aux différentes manifestations.
Merci aux responsables d’associations et aux bénévoles qui ont toujours répondu favorablement à mes sollicitations”
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Enfin, à l’heure où l’on oublie les soucis, les peines, les difficultés et les sacrifices, à l’heure où seule subsiste la capacité naturelle à ne retenir que le meilleur de toute expérience, Andrée Rabilloud voulait simplement dire, à tous ceux qui l’ont soutenue durant toutes ces années, MERCI… pour l’avoir accueillie dans la commune de Saint-Agnin-sur-Bion, et “pour toutes les joies, pour tous les plaisirs, pour tous les bonheurs, pour tous les merveilleux souvenirs, que grâce à vous, j’ai retiré et que je garderai de cette fonction parfois ingrate mais ô combien enrichissante et passionnante”. Et, c’est promis, désormais, dans sa voiture, elle ne mangera plus, elle ne téléphonera plus, elle n’écrira plus !
Maintenant, c’est promis, elle va s’inscrire dans une chorale et avec les adeptes de sports, elle fera de la gymnastique, de la marche et, pourquoi pas, de la country !
“Enfin, maintenant, je serai une femme normale qui marchera au lieu de courir, qui prendra le temps de lire, de coudre et de tricoter en pensant avec certainement beaucoup de nostalgie, au bon vieux temps où elle était heureuse d’être maire car je ne sais pas si je vais manquer à la commune, mais une chose est certaine, la commune, elle, me manquera beaucoup”.
Texte et photo : Carole Muet

2015-01-17