Rendez-vous annuel incontournable ou détestable selon ses opinions, le Salon international de l’Automobile de Genève est particulier, cette année. La crise a passé par là et les stands ne sont plus aussi grands ni aussi nombreux. Parlons d’auto.

Vous sortez votre clé de contact de votre poche, avant d’appuyer sur le bidule qui ouvre les portes regardez-la. Elle vaut de l’or! Avant d’ouvrir la portière, vous avez tout payé! La voiture et sa taxe de 4% si elle était neuve. L’impôt auto. Sur chaque litre de carburant, vous avez acquitté la taxe du même nom et la TVA sur le prix du précieux liquide mais aussi la TVA sur… la taxe. Assez fort.

Votre garagiste paye des impôts, vous payez vos places de parking à quelques exceptions près comme en zone bleue. Où vous vous faites coller plus vite qu’à votre tour et ne me dites pas le contraire, la Ville met des millions à son budget.
Le secteur est en crise. On ne parle que des constructeurs qui ont reçu, merci de leur part, des millions de la part des gouvernements pour survivre. Ah non, pardon, c’est pour développer des voitures écolo. Ce qui revient au même. Et dans notre pays? Je peux vous annoncer sans jouer au grand devin que certains garages tirent la langue. Je pense aux concessionnaires de certaines marques qui ont beaucoup investi ces dernières années pour avoir des installations modernes. Les prochains mois pourraient être douloureux mais il y a une consolation: les importateurs se battent comme des chiffonniers pour conserver leurs parts de marché, ils seront donc attentifs à ne pas perdre des points de vente.
La durée de la période difficile fait l’objet de tous les paris. Dans un an, les voitures auront un an de plus. Il y aura donc un renouvellement naturel. Oui, mais de combien?

Il y aurait une solution, que la Confédération fasse une action écologique! En donnant une prime pour que les voitures polluantes soient recyclées. Il y en a 1,2 million en Suisse qui ont passé les 10 ans. Elles sont facilement revendues dans les pays de l’Est, ce n’est pas le but d’exporter la pollution, bien sûr, donc un effort inciterait à acquérir un véhicule neuf plus propre et à faire disparaître celui qui pollue. Reste à insuffler un climat un poil plus confiant. Là, camarades des médias, nous avons été lourds, si la crise est un bleu, nous l’avons soignée à coups de marteau.

Retraite à 94 ans
Esprit éminent, curieux et ouvert à tout, René Berger a pris sa retraite à 94 ans. En fait il a rejoint un monde qu’on dit meilleur après n’avoir jamais arrêté d’être actif. Il a en tout cas contribué à nous faire aimer et comprendre l’art et la vie. Il écrivait encore ses notes au début de l’année ce qui me fait penser que le mot de retraite devait lui être étranger puisqu’il est décédé peu de temps après, le 29 janvier. Il a été un des pionniers de l’utilisation d’internet. En collaborant avec l’EPFL il a créé un Observatoire pour l’Université du Futur (ŒUF). Le site existe toujours, on y trouvera la description du parcours de René Berger (http://oeuf.epfl.ch). Il a aussi, en suivant l’idée mise au point par un informaticien, élaboré un automate à innovations qui sonde les nouvelles technologies et dont on trouve la description sur le même site. Il les commente et il vaut la peine de lire comment il refuse de les cataloguer. Ce projet pilote renonce à «s’en remettre à des catégories ou à des genres fondés sur un mode de penser essentiellement rationnel, qui privilégie la relation de causalité et la logique binaire, il vise à envisager les phénomènes dans leur complexité en tenant compte de leurs fluctuations, de leurs turbulences, et, prioritairement, de leur périodicité».

Bien sûr, c’est moins confortable pour l’esprit que la logique «ça c’est bien» et «ça c’est mal» qui conduit à raisonner en ne cessant de se projeter. On finit par «il n’y a qu’à», «il faut que» utilisé même par nos gouvernants dans leur souci de bien rejeter la faute sur les autres.

Alors je ne vous dis pas «il n’y a qu’à pas» fixer d’âge de la retraite. Je vous dis de regarder comment René Berger est resté un esprit vif jusqu’à la fin de sa vie. La curiosité est le moteur de toutes les découvertes, quel que soit l’âge, trouvez la vôtre!. Gil Egger

ZIGZAG

La classe
Entretien intéressant avec le secrétaire général de l’Union interparlementaire, Anders B. Johnsson. Qui précise avec une affabilité très britannique – même s’il est Suédois – qu’il connaît bien l’inclination des médias à la personnalisation (j’aurais dit pipolisation, c’est marrant comme néologisme). Avec le sourire, il ajoute que c’est l’institution qui compte et le message qu’elle véhicule en faveur de la démocratie et non sa personne. Dans notre paysage bourré d’égos compétitifs, cela fait du bien!

Propre
Les cheminées de l’usine des Cheneviers fument. C’est de la fumée propre. C’est en tout cas ce que des études commandées par le Conseil d’Etat disent. Grâce au lavage des fumées et à un catalyseur, aucune dioxine n’est émise. Ou presque. Les voisins sont rassurés même s’ils se demandent comment c’est contrôlé, un catalyseur d’usine, un laveur de fumées et si ça fait du mal, un «presque»…

Extrémistes
Le Grand Rabin Marc Raphaël Guedj s’exprimait face aux journalistes sur un sujet humanitaire. Au sujet du dialogue interreligieux, il a évoqué les extrémistes. Selon lui, seule la superficialité permet d’avoir une attitude extrême. Approfondir conduit à la tolérance et nous sommes appelés à approfondir notre spiritualité. Et de prendre un exemple dans un autre domaine: «Mozart est devenu universel parce qu’il n’a pas cessé d’être de plus en plus… Mozart». A méditer.

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…vous ne le savez pas !