Lundi 23 octobre 2006, le WWF a déposé une demande auprès des autorités valaisannes afin de suspendre l’autorisation de tir contre le loup du Chablais. Le dépôt d’un recours reste possible.

Explications par Walter Vetterli
«Des analyses génétiques sont actuellement en cours et nous souhaitons attendre les résultats pour déterminer si les attaques sont le fait d’un ou de plusieurs individus. C’est une précision importante pour savoir si les toutes conditions du concept loup sont remplies pour abattre le prédateur», explique Walter Vetterli, responsable «Alpes» au WWF Suisse. Le loup est une espèce protégée par la Convention de Berne, ratifiée par la Suisse. Selon l’organisation, le concept de gestion du loup est appliqué à la lettre par le canton du Valais, alors qu’il nécessite une appréciation de la situation. Raison pour laquelle l’organisation se réserve la possibilité de déposer ultérieurement un recours contre l’autorisation de tir s’il devait s’avérer notamment que plus d’un loup est impliqué.

Avis de Ralph Manz
«Notre décision ne vise pas les moutonniers car nous reconnaissons leurs efforts. Nous les félicitons pour les mesures prises et déplorons vivement les dégâts qu’ils ont subis», déclare par ailleurs Ralph Manz, secrétaire régional du WWF Valais. Le WWF se déclare disposé à soutenir financièrement les efforts et mesures de prévention déployés par la coordination nationale pour la protection des troupeaux, basée à Lausanne. De telles mesures sont déjà appliquées, avec succès, dans les Grisons, au Tessin et dans le Haut-Valais, et rendent possible la cohabitation entre les activités pastorales et les grands prédateurs.

Avis de Raphaël Arlettaz
Selon le professeur Raphaël Arlettaz, biologiste à l’Université de Berne, entre 5 à 10 loups se trouveraient en Valais. Raison pour laquelle il est d’autant plus important de mettre en œuvre des mesures de protection efficaces. Si un garde-chasse abattait aujourd’hui un loup, il n’aurait aucune certitude qu’il s’agit bel et bien de l’animal qui a attaqué des moutons.

Si l’autorisation de tir est suspendue, n’y a-t-il pas un risque que de nouveaux ovins soient tués? «Les moutons sont actuellement en train de redescendre des alpages. Ils vont prendre leur quartier d’hiver en plaine ou partir en transhumance. La probabilité d’une attaque est donc considérablement réduite, raison de plus pour nous d’envisager un recours», souligne Walter Vetterli.

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Chasse au loup…WWF veut reporter l’autorisation de tir