Bien que le WWF désapprouve fermement l’autorisation de tir délivrée contre un loup du Chablais, il ne fera pas recours contre cette décision. L’organisation attend de la Confédération qu’elle mette en place des mesures de protection des troupeaux efficaces, et que le Plan Loup entre enfin en vigueur. Le Valais pourrait appliquer de telles mesures l’an prochain. Parmi les moutons qui ont été victimes du loup ces derniers mois, un bon nombre d’entre eux n’étaient pas suffisamment protégés. Pourtant, suite aux attaques de l’année dernière dans une autre partie du val d’Illiez, les éleveurs concernés ont pris des mesures de protection, qui ont prouvé leur efficacité cet été.

«L’Office fédéral de l’environnement doit définir clairement les critères et mesures de protection des troupeaux, mais également les zones où elles doivent être mises en œuvre. En effet, il est clair que les mesures qui auraient dû permettre d’éviter de nouvelles attaques de loup n’ont pas été prises sur tous les alpages concernés», indique Marie-Thérèse Sangra, secrétaire régionale du WWF Valais. L’organisation attend aussi de la Confédération qu’elle achève la révision du Plan Loup et le mette en place dès que possible. En outre, l’organisation relève le manque de transparence qui règne dans la détermination des dommages: «Il faut que les cantons documentent chaque attaque, ainsi que les mesures de protection qui ont été appliquées, de manière précise.»

En outre, des zones cohérentes de prévention strictes doivent être définies pour que l’installation du prédateur et sa coexistence avec les activités agricoles soient possibles en Suisse. Dans ces zones, les éleveurs auront l’obligation de protéger leurs troupeaux. «Notre objectif est de permettre à terme le retour naturel du loup, pour que l’établissement de familles dans notre pays soit possible. Nous sommes persuadés que la cohabitation est possible», précise encore Marie-Thérèse Sangra. Pour montrer son ouverture et son dialogue, et parce qu’il a décidé d’adapter sa stratégie à un nouveau contexte, le WWF a contacté le Conseil d’Etat valaisan et rencontré un de ses membres pour tenter de trouver des solutions au niveau cantonal aussi. Le rendez-vous a été pris pour le début de l’année prochaine afin de poursuivre les discussions. «Pour l’heure, le plus urgent, c’est que l’Office fédéral de l’environnement assume ses responsabilités. Sinon, l’année prochaine, nous utiliserons à nouveau les moyens à notre disposition pour éviter que de nouveaux loups soient abattus», prévient Kurt Eichenberger, spécialiste de la biodiversité au WWF Suisse.

img6678.jpg

Le WWF ne fera pas recours face à l’autorisation de tir contre le loup du Chablais.