Au vu de la situation précaire sur le front des inondations en Suisse, le WWF réitère sa demande auprès de la Confédération et des cantons, pour qu’ils donnent la priorité à des mesures de protection naturelles contre les crues et laissent plus de place aux fleuves.

En Suisse, plus de 10000 kilomètres de fleuves n’ont pas suffisamment d’espace à disposition. Chaque année, seuls 10 à 20 kilomètres sont assainis. Selon le WWF, les conséquences de cette mauvaise gestion sont à nouveau bien visibles ces jours: enserrés dans leur corsets, les fleuves n’ont pas assez de capacités pour faire face aux fortes précipitations et ils débordent. Les zones inondables naturelles manquent parce qu’elles ont été asséchées par le passé afin de les rendre disponibles à l’agriculture, aux voies de transport et aux lotissements.

Pour Dani Heusser, spécialiste de l’eau au WWF, un fait est clair: «La protection purement technique contre les crues est dépassée. Pour que l’eau ne puisse plus provoquer d’aussi gros dégâts à l’avenir, il faut des zones inondables. En outre, les fleuves doivent être renaturés et les zones alluviales redéveloppées.»

La base légale pour une protection naturelle contre les crues existe. Sa mise en application se heurte pourtant souvent à la résistance des propriétaires fonciers et au manque de volonté des politiciens de mettre les moyens financiers à diposition pour cette tâche qui doit s’inscrire dans la durée. Raison pour laquelle le WWF demande que le fonds pour la revitalisation qui est ancré dans la loi soit financé par les millions provenant de la redevance hydraulique. Enfin, les zones non construites doivent être laissées en l’état afin que le potentiel de dégâts n’augmente pas davantage.

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Les inondations ne sont pas des catastrophes naturelles mais des conséquences excessives à un aménagement de la nature fait par l’homme