L’équipementier automobile haut-savoyard se diversifie et investit 40 millions d’euros dans les moteurs de vélos électriques. Et il en a sous la pédale.
Après avoir opéré sa mutation il y a trois ans dans les moteurs hybrides et électriques à la demande de ses donneurs d’ordres, voilà que Bontaz passe la vitesse supérieure en investissant le marché “ultraporteur” du vélo électrique. « Nous voulons surfer sur d’autres activités en rapport avec notre cœur de métier, pour ne plus être monomarché à une époque où le marché automobile connaît de profondes transformations », commente Christophe Bontaz, président du groupe éponyme.
Un plan à 40 millions

Ce nouveau projet sera porté par une start-up détenue en propre, installée dans l’une des usines inoccupées de Bontaz, dans la vallée de l’Arve. L’unité sera entièrement dédiée aux moteurs de vélos à assistance électrique (VAE). De préférence des vélos urbains, cargos et tout-chemin (VTC). Car, question moteur, le groupe en connaît un rayon. « Nous concevons et produisons des systèmes électromécaniques depuis des années », rappelle le président.
Le groupe affiche ses ambitions avec un plan d’investissement doté de 40 millions d’euros qu’il va déployer sur cinq ans. Trente millions seront alloués à la création, en 2022, d’un centre R & D basé en Auvergne-Rhône-Alpes. Cinquante personnes y travailleront, dont de nombreux experts (mécatronique, logiciel, batterie…) issus de l’univers du cycle. « Nous y implanterons des machines de contrôle, des bancs de tests – fabriqués en interne, parce que le processus est le même que dans l’automobile –, pour la réalisation, notamment, des prototypes », explique Daniel Anghelone, directeur général de Bontaz, qui entend valoriser ainsi son savoir-faire dans l’injection plastique.
Dix autres millions seront investis dans l’outil industriel, principalement des lignes de production, avec l’objectif de fabriquer des systèmes moteurs (moteur, boîte de vitesses et logiciel) et des solutions de freinage
« En tant qu’équipementier, et non pas comme une énième marque de vélo électrique », précise Christophe Bontaz, qui a réalisé un audit du marché.
Être un acteur moteur en Europe
Tout devrait être en ordre de marche début 2024, avec le lancement des premières productions en série. Le lieu d’implantation de l’usine n’est pas défini, « mais ce sera en Europe, pour être proche des clients, et sur l’un de nos sites en France (quatre), en République tchèque ou au Portugal, formaté pour faire des millions de pièces », assure le directeur général.

Sur ce marché du vélo électrique où la demande explose – avec 3 millions de VAE vendus en 2020 et 10 millions estimés en 2030 –, Bontaz espère jouer un rôle de premier plan. Les dirigeants visent 500 000 à 700 000 ventes annuelles de moteurs en 2030 et un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. « En concentrant 5 à 7 % des parts de marché, nous devrions figurer dans le top 5 européen, derrière Bosch (60 %), leader sur ce marché, et Shimano (15 %) », assurent-ils d’une même voix.
Gageons que la concurrence sera rude, quand on sait que ces constructeurs sortent une nouvelle génération de moteur chaque année.
« Nous comptons faire la différence sur l’interface entre l’homme et la machine », assure, convaincu, Daniel Anghelone. Il entend également offrir un haut niveau de technologie au bon prix.
Le groupe en chiffres
Bontaz, créé à Marnaz en 1965, réalise un chiffre d’affaires de 300 M€ avec 4 000 salariés (dont 450 en France) dans 24 usines réparties dans 11 pays sur tous les continents. Dernièrement, le groupe a investi 20 M€ dans l’un de ses sites majeurs d’assemblage, en Tunisie, dont la superficie a été doublée pour atteindre 20 000 m2.
Patricia Rey












Excellent !
La Savoie ( haute !) au top de la concurrence mondiale dans un domaine où l’électrique a une place évidente, bien plus évidente que dans l’automobile qui se cherche et qui n’a pas fini de stabiliser sa recherche. Le « petit » moteur électrique à dimension populaire a une relation technique avec la batterie beaucoup plus évidente, on recharge son ordinateur, on recharge son aspirateur, on peut déconnecter la batterie, on peut la transporter, tout cela à dimension musculaire humaine. Des évidences promises à un bel avenir.
Vive les Savoie