À l’occasion de la 20e édition des Journées européennes des métiers d’art, la cité médiévale de Pérouges et le territoire de la Plaine de l’Ain ont vibré au rythme de la transmission et de la création artisanale.
« Nous sommes réunis pour un anniversaire majeur », a souligné Nathalie Micolas, maire de Pérouges, vendredi 10 avril lors du lancement des Journées européennes des métiers d’art (JEMA). « Ici, les métiers d’art ne sont pas une activité annexe, ils sont l’âme de notre cité. » Depuis trois ans, la municipalité a choisi d’ancrer durablement cet événement au cœur des remparts, convaincue que le village médiéval « n’est pas un musée figé, mais un organisme vivant qui a besoin de ses artisans pour respirer ».
En effet, dans ce lieu chargé d’histoire, chaque pierre raconte le travail des hommes. « Promouvoir les métiers d’art, c’est protéger et valoriser notre histoire », a-t-elle insisté. « La pierre taillée, le verre soufflé ou le cuir travaillé ne sont pas des produits de consommation, mais des actes de résistance. » Un message fort, qui traduit une ambition : faire de Pérouges « le sanctuaire naturel de la création manuelle ».
Depuis trois ans, une véritable symbiose s’est installée entre les artisans et le public. « Les visiteurs ne viennent pas seulement voir des objets, ils viennent vivre une expérience », poursuit Nathalie Micolas. « L’échange devient transmission, de génération en génération. » Cette dynamique locale s’inscrit dans une reconnaissance nationale.
« Les événements organisés sur la Plaine de l’Ain ont été désignés “Coup de cœur” au niveau national », a indiqué Amarande Grand Gniewek, vice-présidente de la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ain. « C’est une grande fierté. Cette année nous sommes présents sur deux sites : Pérouges et le Musée des traditions bugistes à Saint-Rambert-en-Bugey. »
Au total, une trentaine d’artisans ont participé à cette édition, proposant démonstrations, expositions et ateliers. « Le cœur est à Pérouges, car c’est ici que nous avons grandi ensemble », a-t-elle ajouté, saluant « l’engagement et la passion visibles sur chaque stand ».
Arts et économie locale
Même constat pour Élisabeth Laroche, conseillère départementale : « Les métiers d’art, c’est bien plus que des techniques ou des objets. C’est l’âme d’une tradition. » Dans un monde en constante accélération, ils rappellent « que la beauté naît de la patience, de la rigueur et de l’amour du détail ». Et d’insister : « Soutenir les métiers d’art, c’est soutenir une économie locale et une culture vivante. »
Au niveau national, les JEMA mettent en lumière 281 métiers répartis en seize domaines. Pour cette édition 2026, placée sous le thème “Cœurs à l’ouvrage”, l’accent a été mis sur le collectif et les dynamiques territoriales. Sur les 124 candidatures reçues, 43 événements ont été retenus et distingués “Coup de cœur” par l’Institut pour les savoir‑faire français, dont celui porté par la Chambre de métiers et de l’artisanat de l’Ain.
Du 7 au 12 avril, les visiteurs ont exploré un patrimoine vivant, entre héritage et création. À Pérouges comme dans le Bugey, les artisans ont ouvert leur univers, invitant chacun à devenir acteur de la transmission. « Ne soyez pas de simples touristes, soyez des témoins actifs », a conclu Nathalie Micolas.
Chaque rencontre, chaque achat devient un geste en faveur de la pérennité de ce modèle unique. De la cité médiévale aux portes du Bugey, cette édition a rappelé que les métiers d’art constituent un moteur culturel et un lien essentiel entre les générations. Une invitation à soutenir celles et ceux qui, chaque jour, mettent véritablement, leurs « Cœurs à l’ouvrage ».
Carole Muet











0 commentaires