La remise en cause du projet (auto) routier par le conseil municipal provoque la mobilisation d’élus, de chefs d’entreprise et de citoyens.
« Je suis atterré. Tous les autres acteurs concernés ont validé le projet (NDLR : communauté de communes du Genevois (CCG), Département de la Haute-Savoie (Dep74) et ATMB, la société qui exploite l’autoroute). C’est un projet de territoire : un seul conseil municipal ne doit pas pouvoir l’arrêter comme ça, c’est nombriliste ! »
Dirigeant de la marbrerie-pompes funèbres familiale, installée dans la zone d’activités (ZA) des Grands Champs à Viry, Christophe Gandy n’en revient toujours pas, trois semaines après la décision du conseil de la commune, le 27 avril, de ne plus valider le projet de nouvel échangeur autoroutier sur l’A40 (Eco n°17 du 30/04/2021).
Pour tenter de sortir le projet de cette voie de garage, il vient de créer un collectif – qui doit se structurer en association – avec d’autres chefs d’entreprises situées sur la zone et des élus, dont les anciens maires André Bonaventure et Jean-Pierre Buet.
Plusieurs dizaines de personnes ont assisté mardi 19 mai à son lancement. Et à l’annonce d’un recours en préfecture « dès que la délibération sera publiée », ainsi qu’à celle de la démission du conseil d’André Bonaventure et de ses cinq colistiers.
Les partisans de l’échangeur soulignent la dimension sécurité : le premier objectif du projet est de reporter sur l’autoroute une partie du flux enregistré sur les départementales qui traversent le village (plus de 10 000 véhicules/jour sur la 1 206, plus de 7 000 sur la 992), même si l’A40 accueille déjà plus de 22 000 véhicules/jour en moyenne. Avec une population multipliée par deux en 20 ans sans que toutes les infrastructures ne suivent, Viry est confronté à une réelle crise de croissance.
Ils insistent aussi sur la dimension économique : plusieurs des entreprises de la zone jurent que la promesse de l’échangeur a pesé lors de leur installation. À commencer par On Kart, qui a investi 4 M€ dans la plus grande piste intérieure de karting de France, fin 2018, et qui accueillait la réunion. Sans parler de la difficulté de recruter dans une zone à la fois près de la Suisse et engorgée par les bouchons.
Enfin, certains n’hésitent pas à tacler plus directement la municipalité : la décision aurait été prise sans réelle information préalable et une bonne partie du foncier concerné par le projet serait propriété d’un élu de la majorité.*
Sans soutenir officiellement le collectif, la CCG comme le Département regrettent la décision du conseil municipal et assurent qu’aucun autre projet n’est envisageable.
ATMB, qui venait, en décembre 2020, de signer avec l’État un avenant à sa convention de concession dans lequel le projet figure dans la liste de ceux qu’elle « s’engage à réaliser » sur 2021-2025, tente de ne pas fermer toutes les portes. « Notre vocation est de rendre plus facile le quotidien des Haut-Savoyards, rappelle le directeur du développement d’ATMB. […] Nous restons ouverts et continuerons de travailler avec toutes les parties prenantes, à l’écoute de leurs attentes. »
Enfin, la mairie de Viry, que nous avons sollicitée, ne souhaite pas « réagir à chaud ». Elle annonce une conférence de presse dans les prochains jours.
28 M€ HT
Le projet est d’un coût global de 27,70 M€ hors taxes, valeur 2019 (21 à 22 M€, valeur 2012, dans le dossier de concertation 2016). Avec 17,90 M€ HT pour l’échangeur, financés à 50 % par ATMB, 44,4 % par le Dep74 et 5,6 % par la CCG. Et 9,80 M€HT pour les « liaisons » (contournement), financé à 88,8 % par le Dep74 et 11,2 par la CCG et la commune. Les études préalables se montent à environ 450 000 euros, à près de 80 % à charge du Département (environ 20 % par ATMB).











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