Seuls quelques artéfacts en béton témoignent aujourd’hui de l’existence de Galion, la première galerie marchande de Savoie, construite en 1970 sur la commune de Bassens. L’avenir de ce site emblématique reste à inventer : les cartes sont entre les mains du promoteur savoyard TMLB.
Plus d’une vingtaine de cellules commerciales ont constitué, depuis 1970, le centre commercial Galion, à Bassens, longtemps resté la seule galerie marchande de Savoie (avant Chamnord en 1977 et juste après le complexe voisin Carrefour Bassens inauguré en 1969). Les années 2020 auront finalement vu s’éteindre cette institution savoyarde qui constitue « l’ADN des Bassinots », ainsi que Catherine Anxionnaz, maire de Bassens, aime à le rappeler.
De la multipropriété au promoteur unique, la route fut longue et parsemée d’embûches. Malgré une première rénovation en 2014, le site reste en sursis jusqu’en 2021, date à laquelle les quelques dernières échoppes sont sommées de fermer leurs portes pour raisons de sécurité, au regard de la vétusté des lieux.
8 500 m2 à deux pas de Chambéry
Dans l’intervalle, la SCI Gesac, à Sallanches, a entrepris de racheter chaque lot un par un, dans l’idée d’aménager une zone commerciale sur les 8 500m² situés avantageusement, à l’articulation entre Chambéry et Saint-Alban-Leysse, en entrée de ville de Bassens. Un projet fut ainsi élaboré avec le cabinet de Challes-les-Eaux Diagonales Architecture, présentant la particularité d’une double rangée de commerces traversée par une allée à ciel ouvert (voir esquisse page ci-contre). C’est ainsi qu’un permis de construire fut accordé le 3 septembre 2018.
Cette date marque aussi le début d’un recours judiciaire engagé par la pharmacie du Pradian, craignant de perdre de la visibilité, face à cet imposant projet. Exploitant tous les recours possibles, sans jamais obtenir gain de cause, elle abandonne ses poursuites devant le Conseil d’Etat, après avoir trouvé refuge dans la galerie de Carrefour Bassens, sur une superficie de 1 000 m².

Galion racheté par un trio savoyard
Ces atermoiements auront donc duré plus de sept ans, au cours desquels le temps s’est figé pour les propriétaires du site notamment la SCI Gesac qui a vite jeté l’éponge. Les repreneurs sont les trois associés dirigeants de la SAS TMLB (voir page ci-contre), créée à Méry en 2021 pour porter cette opération : Laurent Journet, Benjamin Bertrand et Sébastien Labens. Les entrepreneurs sont aussi les codirigeants fondateurs de la SAS Synalp, à Méry (50 M€ de CA ; 150 salariés).
TMLB a donc entrepris les travaux de démolition : Galion est tombé cet été. Il n’en reste que quelques blocs de béton épars. « Il faut tout reprendre à zéro », regrette la maire de Bassens, qui a dû prendre un arrêté constatant la caducité du permis de construire, le 14 mars 2025, puis un arrêté de péril en août, devant la dangerosité de l’ouvrage en ruines.

La quadrature du cercle
« Le dossier Galion est un dossier qui va mal depuis le début », déplore Laurent Journet. « Le dernier écueil en date, c’est la détection d’amiante, alors qu’il ne devait pas y en avoir. » L’avenir du tènement relève d’une quadrature du cercle : la zone est classée “uniquement commerciale” (UC), alors que la conjoncture est peu favorable au négoce depuis quelques années. « Je crains que cette friche urbaine ne défigure notre entrée de ville pendant encore un certain nombre d’années », s’inquiète la maire de Bassens. « Si, demain, TMLB estime qu’une galerie marchande n’est pas viable, il faudra peut-être envisager une formule mixte, avec des logements, des services et des commerces. » Mais pour cela, il faudrait en passer par une 7e modification du PLUI, sachant que la sixième, en cours, n’aboutira qu’en septembre 2027.

TMLB révise sa copie avec optimisme

en attente d’une future affectation (photo L. O.).
La société TMLB, créée par trois entrepreneurs savoyards en 2021, a beaucoup investi sur le site de Galion. Après le rachat et la démolition, intervenue ce mois de septembre, elle ne rechignerait pas à un début de retour sur investissement.
Le rachat par la société TMLB, auprès du promoteur initial Gesac, s’est fait très en amont de l’opération : « Sur les 25 cellules commerciales, seules trois avaient été rachetées par la SCI Gesac. Le portage de l’opération Galion est une combinaison entre de l’endettement et des fonds propres, de façon très classique », précise le codirigeant fondateur de TMLB, Laurent Journet, également directeur général du groupe Synalp, implanté, comme TMLB, à Savoie Hexapole (Méry).
La perspective de renflouer les caisses semble s’éloigner toujours plus : « Le permis n’a malheureusement pas tenu pour une raison simple : nous avons multiplié les surprises de dernière minute », retrace Laurent Journet. « Le désamiantage n’était pas prévu dans le timing, c’est pourquoi les travaux de démolition ont pris du retard. Et, entretemps, le permis de construire est devenu caduc. »
« Peut-être est-ce un mal pour un bien, poursuit le dirigeant, dans la mesure où le commerce ne se porte pas au mieux. Nous travaillons donc, avec la mairie de Bassens, pour réorienter le projet vers une solution plus porteuse. » Et d’illustrer son propos : « Nous avons consulté des professionnels des métiers de l’immobilier encore tout récemment. Ils nous ont rendu des travaux que nous étudions, en lien avec notre architecte. »
En attendant, l’impatience guette les élus, pressés par la population : « Il n’y a pas un conseil municipal où la question de l’avenir de Galion n’est pas posée », souffle la maire, Catherine Anxionnaz, vigilante sur les enjeux structurants de son entrée de ville. De son côté, Laurent Journet se veut rassurant : « Notre groupe Synalp n’a rien à voir avec cette opération, mais nous avons multiplié par dix notre activité “gestion de patrimoine” en deux ans. Les collectivités voient bien qu’elles ont affaire à des personnes sérieuses. »
« Ce terrain ne restera pas en friche : nous espérons prendre une nouvelle direction, et plutôt la bonne », soutient encore Laurent Journet, qui reste positif : « L’optimisme, c’est ma deuxième nature, sourit le dirigeant, je serai surtout satisfait quand nous serons arrivés à nos fins. Pour l’instant, nous n’y sommes pas encore, mais je sais que nous y arrivons toujours. »
Des squatteurs et de l’amiante
Le mois de septembre 2025 a sonné le glas de la galerie Galion, dont l’empreinte marquait l’entrée de ville de Bassens. Les travaux de démolition ont été confiés par le promoteur TMLB à la société iséroise TPB (Travaux publics Balini : 4,5 M€ de CA ; 20 salariés). « Les bâtiments ont été squattés, ils ont subi d’importantes dégradations. Après le départ de nos équipes, les squatteurs venaient la nuit récupérer tout ce qu’ils pouvaient », témoigne le dirigeant, François Balini. En outre, il a fallu gérer la présence d’amiante, autre impondérable du chantier : une mission confiée à la société BPS 38.
« Nous avons travaillé étroitement ensemble pour assurer le confinement des zones à traiter », relate François Balini. « Nous avons installé des sas pressurisés pour empêcher la poussière de s’échapper, mais les squatteurs tailladaient les bâches au cutter. » Le chantier de démolition, financé par TMLB, a coûté 250 000 €, auxquels est venue s’ajouter la dépense inattendue du désamiantage, environ 100 000 €.













Bonjour, comment peut-on omettre le budget et le temps de désamiantage sur un bâtiment des années 70 !?!
Ça fait pas très pro étant moi-même, diagnostiquer, expert amiante, je suis assez surpris. Le squatter aurait coupé les bâches. Ils ont donc été exposés certainement à des fibres d’amiante.
Pourquoi n’avoir pas sécuriser le site.
Je trouve le dossier un peu léger apparemment.
Bonjour Monsieur,
Malheureusement, dans un article de presse ou même un dossier, nous ne pouvons pas tout traiter. Bien sûr que le site a été sécurisé, bien avant les actes de vandalismes mais cela n’a pas suffi. L’arrêté de péril imminent pris par la maire de Bassens le 10 juillet dernier, a imposé un renforcement de la sécurité et l’accélération du processus de démolition.
Nous ne sommes pas entrés dans les détails de cette procédure car, dans notre hebdomadaire, nous privilégions les informations économiques et nos recherches visaient surtout à déterminer ce qu’il allait advenir de cet emplacement stratégique. D’autres journaux auraient probablement privilégié un autre angle d’approche. Quant à nous, nos choix consistent à rester factuels et les plus neutres possibles.
De fait, la présence d’amiante n’a été détectée qu’au moment de la démolition, d’après nos sources : la collectivité et les propriétaires. Que cela semble improbable ou non, il ne nous appartient pas d’apporter un jugement. Nous laissons libres nos lecteurs de tirer leurs propres conclusions.
Merci infiniment pour votre aimable attention.
Leïla Oufkir
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Pourquoi ne pas créer un self genre fluch comme auparavant dans la hall de carrefour ?
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