Promouvoir et accompagner l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires, telle est la mission que s’est fixée la BPIfrance à travers sa démarche CitésLab. Le Genevois a vu naître 45 entreprises en 2025.
Sur le territoire d’Annemasse agglo, CitésLab existe depuis 2017, rejoint en 2021 par la communauté de communes du Genevois. « Cette mission est portée par la maison de l’Eco dont dépend l’animateur chef de projet. J’occupe ce poste depuis 2019 », explique Audrey Boutant, titulaire d’un master en intermédiation sociale et formée par Bpifrance aux aspects juridiques et comptables de l’accompagnement à la création d’entreprise.
21 femmes cheffes d’entreprise
Chacune des collectivités abrite des quartiers prioritaires couverts par le dispositif : Le Perrier Château-Rouge Livron sur Annemasse, ainsi que Le Chalet Helvetia Park Hutin à Gaillard. Du côté de la communauté de communes du Genevois se trouve Saint George Route de Thairy, « un tout petit quartier en termes de densité d’habitats », précise Audrey Boutant qui a tenu 99 permanences dans ces territoires en 2025 pour aboutir à 45 immatriculations, des microentreprises pour la quasi-totalité, dont 21 fondées par des femmes.
Chaque créateur bénéficie d’un accompagnement sur deux ans au minimum mais la plupart d’entre eux gardent un lien sur le long terme avec CitésLab. « Nous avons pour but de rester aux côtés des porteurs de projets, sans leur mettre la pression pour qu’ils obtiennent un succès retentissant », note l’accompagnatrice.
Des compléments de revenus
Environ 80 % des créations d’entreprises dans les quartiers prioritaires visent des compléments de revenus. La majorité propose des activités de service : travaux dans le bâtiment, offre multiservice, livraison de repas à vélo, ménage, mais aussi community manager, vente de produits en ligne, primeur sur les marchés, soin ou coiffure à domicile, et même « dog walker » (promeneur de chiens).
« Un bon nombre de ces activités dépendent de plateformes numériques, soulève Audrey Boutant, ce phénomène n’est pas toujours très objectivé et analysé économiquement ». La cheffe de projet se souvient du cas d’une jeune traiteur spécialisée dans la cuisine d’Afrique de l’Ouest. « Elle générait environ 1 000 € de chiffre d’affaires par semaine, c’était très bien pour un début, sauf qu’elle fonctionnait avec Uber Eat qui ponctionnait 30 % sur chaque commande ».
Photo J. Fracheboud : Les intervenantes de la soirée des créatrices CitésLab 2025, à l’auditorium d’Annemasse (de g. à d.) : Kheira Fil Meddahi ; Thiallal Fall et Elodie Kamanda, elles-mêmes cheffes d’entreprises issues de la diversité.
Leïla Oufkir










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