La société de recyclage de plastique peine à se faire accepter à Jassans-Riottier, commune du bord de Saône.
L’implantation à Jassans-Riottier, dans les anciens locaux du groupe RBDH (photo), de la société Granuplast, spécialisée dans le recyclage de plastique, semble causer des soucis à bien du monde, à commencer par les Écologistes d’Auvergne-Rhône-Alpes. Dans un communiqué de presse en date du 28 avril, ils s’interrogent sur la venue de la société sur la commune. En cause notamment, les risques d’incendie inhérents à toute entreprise, la proximité d’un collège (à plusieurs centaines de mètres) et les quelques camions qui pourraient passer chaque jour par la rue de la Liberté, accès principal de la zone industrielle. La mairie également s’est opposée au projet. Elle a voté contre en conseil municipal, le 5 mai. Pourtant, l’opération est loin de porter sur une activité polluante. La genèse du projet commence par la fermeture de la Chine, en 2019, à l’importation des plastiques. Un groupe d’industriels veut alors agir. « Nous avons tous la soixantaine passée, nous n’avons plus rien à prouver à personne. Nous souhaitions un projet sociétal, environnemental et surtout vertueux », se remémore Thierry Aubrun, dirigeant de Granuplast. Une société de recyclage de plastique est alors créée.
Un lieu difficile à trouver
Une unité de recyclage nécessite de nombreux paramètres. Forts de leurs expériences, le groupe d’hommes se met à chercher. « Nous devions trouver des locaux, de la puissance électrique, mais aussi un réservoir humain pour répondre au futur besoin de main-d’œuvre. » Après un an et demi de recherches, le site de Jassans-Riottier s’impose à eux. « Il répondait à pratiquement tous les critères. En prime, il était dans une zone industrielle de près de 20 hectares, constituée d’une soixantaine d’entreprises où 200-300 personnes travaillent déjà, c’était parfait », s’exclame Thierry Aubrun. Aussi, une demande d’autorisation est déposée le 17 novembre dernier à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal).
Un parcours du combattant
« Seule la moitié de notre process est soumise à autorisation. Pour cette partie, nous avons déposé un dossier de 600 pages d’explication techniques. Celui-ci a reçu quatre remarques de la Dreal, auxquelles nous avons répondu en février par le biais d’une deuxième version », complète Tchenio Roland, investisseur chez Granuplast.
Fin février, la Dreal valide finalement le projet de l’entreprise. Est lancée alors une enquête d’utilité publique par la préfecture de l’Ain, achevée début mai. La société a désormais quelques jours pour répondre aux objections du dossier. Pour ne pas gêner l’enquête, Granuplast n’a pas souhaité répondre immédiatement au communiqué des Écologistes d’Aura, ni aux objections du dossier. Toutefois, le projet parle de lui-même.
Un système automatisé
« Nous recevons la balle de plastique, déjà traitée, et là commence un circuit automatique. Elle tombe dans un déchiqueteur, qui tourne très lentement pour éviter le bruit et la chauffe », commente Thierry Aubrun. Puis, après plusieurs étapes de lavage et de tri, le polyéthylène et le polypropylène passent par une extrudeuse pour revenir sous leur forme pâteuse avant d’être transformés en granulés, puis renvoyés chez des plasturgistes. « Nous avons prévu d’investir dans trois extrudeuses pour leur permettre de tourner plus lentement, toujours pour réduire le bruit et la chauffe », précise Roland Tchenio. « S’il devait y avoir quelques émanations, elles seraient collectées par un système fermé appelé dévésiculeur, destiné à absorber les poussières ou fumées potentielles », ajoute Thierry Aubrun. Les locaux ont également été équipés de murs coupe-feu insonorisés qui filtrent environ 40 décibels. Entièrement capotées pour réduire encore les bruits et éventuelles poussières, les machines se trouveraient au cœur des locaux et ainsi entourées de plusieurs épaisseurs de murs coupe-feu.
50 %
Les capacités d’enfouissement devront être réduites de 50 % par rapport à 2010 d’ici 2025.
65 %
C’est le pourcentage de déchets qui devront être valorisés d’ici 2025.
Source ministère de la Transition Écologique et Solidaire
Joséphine Jossermoz











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