Le nouveau Directeur départemental des finances publiques de l’Ain a, notamment, la volonté de continuer à soutenir les entreprises pendant et après la crise.
Vous avez été nommé le 28 juin dernier. Pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas, quelques mots de présentation !
Volontiers ! Je suis né le 20 avril 1971 à Berlin, fils de médecin militaire, marié et père de deux enfants. Mon épouse, majore de gendarmerie, va d’ailleurs être prochainement affectée à la brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires, installée à Bourg-en-Bresse. J’ai beaucoup bougé au cours de ma carrière, puisqu’il s’agit de ma huitième mutation. Sur le plan relationnel, je suis quelqu’un que l’on dit rationnel, calme et pondéré, qui se méfie des réactions passionnelles. J’ai découvert à Bourg-en-Bresse une direction des finances publiques qui tourne bien, avec des gens de qualité, un département rempli d’atouts et des interlocuteurs locaux ouverts avec lesquels on peut facilement échanger en excellente intelligence.
Dans la crise sanitaire et économique que nous traversons, quel est le rôle de la DDFIP de l’Ain ?
La priorité du moment est sans conteste l’accompagnement des entreprises ! Avec un mot d’ordre : « Une entreprise en difficulté, une solution. » On ne le sait peut-être pas assez, mais l’État au travers du fonds de solidarité a versé beaucoup d’argent aux entreprises de l’Ain pour les aider à passer le choc de la pandémie, sans aucune demande de remboursement. Soit, un total de 220 145 295 € attribués à 15 565 entreprises aindinoises, pour une moyenne de 14 144 €. Les deux secteurs d’activité ayant touché le plus d’aides en montant global sont en toute logique l’hébergement et la restauration, avec 89 M€ versés à 1 599 entreprises ; puis le commerce et la réparation automobile, avec 32 M€ versés à 2 600 entreprises.
Qu’en est-il aujourd’hui, alors que l’on parle d’une sortie de crise ?
Au-delà des aides versées, l’un des sujets majeurs actuels est effectivement l’accompagnement des entreprises dans la phase de reprise. La DDFIP travaille activement avec les services de la préfecture, ainsi que d’autres partenaires, afin de réunir, courant septembre, le premier comité départemental de sortie de crise qui se tiendra sous la présidence de madame la préfète. Ce comité est une instance de partage d’informations entre tous ses membres (préfecture, DDFIP, Urssaf, DETS, procureur, Tribunal de commerce, Banque de France, représentants du monde de l’entreprise et professionnels du chiffre, représentants de la Région…), ayant pour objet d’accompagner les entreprises en difficulté, en coordonnant les actions de chacun. L’information des entreprises sera assurée par un numéro de téléphone unique porté par la DGFIP et l’Urssaf (0806 000 245), qui permet de délivrer des renseignements généraux aux entreprises en situation de fragilité financière. Par ailleurs, un correspondant départemental à la sortie de crise va être nommé : il sera l’interlocuteur direct des entreprises en difficulté, avec pour mission de proposer une solution adaptée et opérationnelle à chacune d’entre elles, en fonction de leur situation. Il pourra notamment mobiliser les outils d’accompagnement financiers mis en place par l’État : un aménagement des dettes sociales et fiscales en lien avec les autres créanciers, complété le cas échéant par un prêt direct de l’État, subsidiaire aux financements privés. L’idée est de proposer une solution à chaque entreprise en difficulté.
Les finances publiques prônent de plus en plus la dématérialisation. Allez-vous amplifier cela dans l’Ain, sachant qu’il reste un territoire rural où la fracture numérique existe ?
La dématérialisation, c’est le sens de l’histoire. La DGFIP a développé depuis des années une politique très ambitieuse en la matière, permettant à nos usagers de faire de chez eux, sept jours sur sept et 24 heures sur 24, un très grand nombre de démarches, en direct. Cependant, la dématérialisation ne doit jamais être exclusive. Pour ceux qui ne sont pas en capacité d’utiliser nos outils en ligne, le service pourra toujours continuer à être rendu via les accueils téléphoniques et physiques. C’est dans cette optique qu’a été pensé le nouveau réseau de proximité des finances publiques, dont le déploiement dans l’Ain a commencé début 2020 pour s’achever en 2023. Nous réorganisons nos services en les regroupant mais en intégrant deux impératifs forts. Premièrement, vis-à-vis de nos usagers particuliers, en permettant à ceux qui ne sont pas en mesure d’utiliser nos outils en ligne d’être pris en charge non loin de chez eux. Le plus simple est bien évidemment le contact téléphonique, mais nous avons enrichi en parallèle notre offre de contact physique et nous participons actuellement, en plus de l’accueil à nos guichets des finances publiques, à 25 accueils de proximité, sur rendez-vous (France Service, MSAP, permanences dans des mairies…). Des agents des finances publiques se déplacent pour aller rencontrer les usagers et répondre à leurs questions. Au cours de la campagne d’impôts sur le revenu, pas moins de 566 aindinois ont utilisé cette option. Deuxièmement, vis-à-vis de nos partenaires traditionnels du secteur public local, nous nous regroupons sur des structures de taille plus importante – cela n’est pas toujours bien connu de nos concitoyens, mais l’administration des finances publiques tient la comptabilité des collectivités locales (communes et intercommunalités, hôpitaux, Département…), encaisse leurs recettes et règle leurs dépenses. En parallèle, nous avons créé une nouvelle fonction de conseiller aux décideurs locaux, fonction exercée par des cadres de haut niveau dont la mission à temps complet est de conseiller les collectivités locales, de répondre aux élus et à leur personnel administratif qui se poseraient des questions comptables, fiscales, financières… C’est un des volets fondamentaux de notre réforme. Au 1er septembre 2021, cinq CDL sont entrés en fonction dans le département (couvrant le périmètre de neuf communautés de communes), et quatre autres seront nommés d’ici à 2023.
On parle aussi d’un nouveau service en ligne pour gérer plus facilement ses biens immobiliers !
Effectivement, le nouveau service numérique « Gérer mes biens immobiliers » est offert aux usagers propriétaires depuis le 2 août et accessible depuis l’espace sécurisé sur impots.gouv.fr. Il s’agit du premier volet de ce service qui constitue la nouvelle offre numérique de la DGFIP en matière foncière. Tout propriétaire d’un bâti, qu’il soit un particulier ou une personne morale, peut désormais, à partir de son espace sécurisé sur impots.gouv.fr, disposer d’une vision nationale de l’ensemble de ses biens bâtis, ainsi que de leurs caractéristiques.
Bio Express
- 1995 : Lauréat du concours externe d’Inspecteur du Trésor public
- 2001 : Lauréat du concours d’Inspecteur principal du Trésor public
- 2007/2010 : Fondé de pouvoir du Trésorier-payeur général (Creuse)
- 2013 : Administrateur des finances publiques
- 2021 : Administrateur général des finances publiques
Propos recueillis par Éliséo Mucciante











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