Le Premier ministre dévoile, ce jeudi 27 mai à Bourg Saint-Maurice, le plan « Avenir Montagnes » pour accompagner la transition durable et résiliente des stations, confrontées à des défis structurels. Un fond de 640 millions d’euros de crédits publics a été débloqué, qui permettra de générer jusqu’à 1,8 milliard d’investissements dans les territoires pendant cinq ans.
Après avoir consenti plus de 5 milliards d’euros de mesures d’urgence pour soutenir les professionnels de la montagne fragilisés par une saison blanche liée à la fermeture des remontées mécaniques, l’État revient au secours de la montagne française. Cette fois, avec un plan d’investissement dédié de 640 millions d’euros pour construire une offre touristique durable et résiliente adaptée aux spécificités de chaque massif, comme annoncé par Jean Castex en février. Ce plan « Avenir Montagnes », réalisé en concertation avec les élus et les acteurs de la montagne, pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 1,8 milliard d’euros.
« Après la saison blanche, il est apparu que la capacité d’investissements allait être obérée, d’où la nécessité de relancer l’investissement pour le tourisme de montagne. L’idée est d’investir dans une logique de transformation de la montagne qui fait face, au-delà de la crise sanitaire, à des défis structurels », indique le cabinet du Premier ministre.
Trois axes, 14 mesures
Trois pôles majeurs sont jugés prioritaires : favoriser la diversification de l’offre touristique et la conquête de nouvelles clientèles ; accélérer la transition écologique des activités touristiques de montagne, et enfin dynamiser l’immobilier de loisirs et enrayer la formation de lits froids. Pour y parvenir, le fonds « Avenir Montagnes » sera doté de 331 millions d’euros, dont 300 millions à l’investissement cofinancés par l’État à hauteur de 181 millions et les six Régions pour 150 millions. « Cette enveloppe permettra de mobiliser avec un effet levier quelque 900 millions d’euros », assure-t-on au gouvernement.
Les choix d’investissement seront contractualisés par les commissariats de massif dans le cadre des CPIER, Contrats de plans interrégionaux État-Régions, pour la période 2021-2027. On apprend également que Matignon a alloué dix millions de ce fonds à la protection et à la valorisation de la biodiversité, avec notamment l’aménagement de 1 000 km de sentiers de montagne.

Par ailleurs, et compris dans ces 331 millions, 31 millions serviront à accompagner les territoires en matière d’ingénierie. Une soixantaine, considérés comme pilotes, seront accompagnés dans leur stratégie de reconversion vers un tourisme et des activités quatre saisons. Une première vague d’appels à projets est prévue à l’automne et une seconde début 2022. Ainsi, 10 millions seront consacrés à la mobilité durable du dernier kilomètre, notamment via des projets d’ascenseurs valléens.
Un droit de préemption pour lutter contre les lits froids
Autre volet, les lits froids… le nom donné aux hébergements cédés par leurs propriétaires quand ils arrivent au terme de leur avantage fiscal et que les nouveaux acquéreurs ne louent plus parce qu’ils n’ont souvent pas les moyens de les rénover. Une question cruciale et qui ne date pas d’hier, quand on sait que le parc d’hébergement en station est composé à 80 % de résidences secondaires, datant d’au moins trente ans. Pour y remédier, l’État veut rendre cessible le droit de préemption (cf. Projet de loi 4D présenté au Sénat début juillet) des exploitants des résidences de tourisme (Pierre & Vacances, Odalys…) à des foncières spécialement créées pour acheter ces appartements et les transformer en lits chauds. « Mais ce ne sera là qu’une partie de la réponse », indique-t-on au cabinet du Premier ministre. La Caisse des Dépôts, via sa filiale la Banque des territoires, investira 125 millions d’euros sur cinq ans dans ces foncières, aux côtés d’autres investisseurs. Elle s’est fixé un objectif de 5 000 logements à acquérir par an.
Ce plan intègre des mesures pour relancer la clientèle jeunes. Le dispositif de « colo apprenantes » sera étendu à la montagne. Dans ce sens, des accords nationaux seront négociés pour obtenir des tarifs préférentiels. Le ministère de l’Éduction nationale, de la Jeunesse et des Sports entend aussi mettre en place des jumelages entre les écoles de montagne et d’autres sur le territoire.
Pour finir, et favoriser la promotion de la destination montagne, l’État annonce le renforcement des moyens alloués à l’agence Atout France, dont c’est la mission, via un budget supplémentaire de 8 millions d’euros, pour la période 2021-2024. La première campagne, pour attirer les vacanciers cet été, a été lancée mi-mai… d’autres suivront jusqu’à la fin de l’année pour doper l’automne et l’hiver.
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Par Patricia Rey
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Photo Une : Visite du Premier ministre Jean Castex à Bourg-Saint-Maurice/Les Arcs pour le lancement du plan « Avenir Montagnes ». Étaient également présents Alain Griset, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance ; Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Tourisme ; Bérangère Abba, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité ainsi que Joël Giraud, Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Cohésion des territoires, chargé de la Ruralité. Crédit Florian David/Matignon











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