Des salariés plus mobiles pour un Pipa plus attractif

par | 24 septembre 2020

Covoiturage, hubs de mobilité, vélos à assistance électrique en libre-service, le Parc industriel de la plaine de l’Ain redouble d’initiatives vertueuses pour être plus environnemental et attractif auprès de ses usagers ou futurs employés.

Dans le Parc industriel de la plaine de l’Ain, comme dans tous les autres parcs d’activités du même type, le dernier kilomètre que l’on doit parcourir à pied pour se rendre sur son lieu de travail, une fois que l’autobus ou quoi que soit d’autre vous a déposé à l’entrée de la zone, se fait avec beaucoup moins d’entrain après sa journée de travail, qu’avant son début. Normal ! À moins d’avoir hérité d’une planque incroyable, ce qui est rarement le cas au Pipa, vu son activité croissante (plus grand parc industriel de France, 1000 ha, 180 entreprises, 7500 employés). Dès lors, se voir proposer un service de vélos à assistance électrique afin de parcourir les dernières encablures jusqu’à son bureau ou son établi est une très bonne nouvelle. Deux stations de vélos sont en effet disponibles désormais sur le parc et une autre est proposée par EDF sur un parking excentré afin de rejoindre la centrale du Bugey. Lancées par l’entre­prise Green On, ces stations en libre-service sont expérimentées durant 18 mois.

Deux territoires différents mais complémentaires

Avec les lignes de covoiturage “Covoit’ici” et les “hubs de mobilité”, ce sont en réalité trois services innovants dont les milliers de travailleurs du PIPA et de la centrale peuvent à présent bénéficier. Ce “bouquet de solutions” a pour but de pallier l’absence de trans­port en commun, de limiter le nombre de voitures en circulation ne compor­tant qu’un seul passager à bord et, surtout, de faciliter l’accès à l’emploi.

« Ce projet mobilité correspond exacte­ment à un territoire comme le nôtre : rurbain. Autant, dans les agglos, on peut prendre l’autobus, autant ici, c’est impos­sible. Il faut donc être innovant. Le point d’arrivée, on connaît, c’est le Pipa. Les points de départ, aussi, les gares d’Ambé­rieux ou de Meximieux, mais elles ne répondent pas aux besoins de ceux qui viennent chez nous en étant obligés d’uti­liser leur véhicule. C’est pour cela qu’on a travaillé avec la Communauté de com­mune des Balcons du Dauphiné voisine, afin de créer des hubs », explique Jean- Louis Guyader, président de la CCPA.

Hub mobilité Pipa

Au “hub” du Pipa comme à celui de la centrale EDF, un écran tactile offre aux usagers les solutions les plus adaptées à leurs besoins (trains, bus, covoiturage, vélo).

Porté par la CCPA, la CCBD, EDF et le SM Pipa, “Covoit’ici”, service de covoi­turage, est expérimenté jusqu’en décembre 2021 sur quatre lignes fixes, pour partager ses trajets. Même avec tous ses problèmes de mobilité qu’il tente de résoudre, le Parc n’a pas perdu en attractivité. « Nous n’avons pas encore réfléchi à ces problématiques de déplacements. Peut-être faut-il en effet mobiliser des moyens en communs pour que des choses s’organisent. Le trans­port, comme il n’y a pas une grande ville autour du parc, on voit bien que c’est une problématique. Je me dis que, plus il y aura d’entreprises, plus il y aura d’emplois et plus ce sera facile d’orga­niser quelque chose. Pour nous la problématique ne se posera que fin 2021, quand nous aurons fini de nous implanter », confie Vincent Pont, pré­sident du Laboratoire Arrow, qui posait vendredi dernier le premier pilier d’une nouvelle plateforme logis­tique (lire ci-dessous) qui amènera dans la zone 150 personnes.

Une navette autonome

Enfin, en parallèle des arrêts “Covoit’ici”, quatre hubs de mobilité ont été installés en gares d’Ambérieu-en-Bugey et de Meximieux, au nord du Parc industriel et à la centrale EDF, avec trois objectifs : bénéficier d’espaces d’attente fonction­nels, s’informer via un écran tactile des solutions les plus adaptées à leurs besoins (trains, bus, covoiturage, vélo) et s’inscrire aux différents services intégrés (covoiturage, vélo).

De quoi donner un peu plus de courage à ceux qui rament pour se rendre au parc travailler ou qui hésitent à postu­ler à cause de son éloignement. D’autant qu’en y réfléchissant bien, « pourquoi pas, un jour, lancer une navette auto­nome à l’intérieur du parc ? » se prête à rêver Charles de la Verpilière, député de l’Ain. Et d’ajouter : « voire, créer un pont sur le Rhône ? 17 000 véhicules jour empruntent celui de Loyettes. Parlez-en au maire, vous verrez ! » Avec Jean- Pierre Gagne, effectivement, il ne prêche pas dans le désert…

14

Le nouveau service de covoiturage “Covoit’ici” met à disposition 14 arrêts que les usagers peuvent rejoindre pour se déplacer dans un sens comme dans l’autre, sans réservation, grâce à l’application mobile ou un parcours SMS.

Le rendez-vous du Pipa, première

Rendez-vous du Pipa

Événement nouveau qui a vocation à se pérenniser, le Rendez-vous du PIPA poursuit deux objectifs : proposer un temps d’échange et faire le point sur la vie du parc ; organiser une conférence économique en faisant vivre le débat autour de témoignages d’industriels du site. Confinement et ses conséquences sur la vie des entreprises ou stratégies de relocalisation industrielles étaient au coeur de ce premier rendez-vous organisé sur le site “Patagonia” dont c’était, par ailleurs, l’inauguration.

50 centimes

Les conducteurs qui adhérent au système de covoiturage Covoit’ici en acceptant de prendre des passagers dans leur véhicule seront indemnisés à hauteur de 50 centimes d’euro par trajet lorsqu’ils conduiront de 4 h à 9h, de 12h à 14h et de 16h à 22h.

Le Laboratoire Arrow pose ses premiers jalons

Filiale française du groupe indien aurobindo pharma, le laboratoire lyonnais arrow a posé au pipa le premier pilier d’une plateforme logistique de 20 M€.

Premier pilier laboratoire Arrow Pipa

De gauche à droite : M. Soulier (Stone Architectes), Tarik Bey Omar (APRC), Vincent Pont (Pdt Arrow) et Jean-Louis Guyader (SM Pipa).

Créé en 2000, le Laboratoire Arrow, acteur dynamique du marché pharmaceutique fran­çais, commercialise des médicaments de marque et des médicaments géné­riques en ville et à l’hôpital. Son siège est implanté au sein du Biopôle de Gerland à Lyon. Pour soutenir son développement et sa croissance, le laboratoire, qui réalise un chiffre d’affaires de 260 M€ par an, a initié la construction d’un bâtiment d’entrepo­sage, préparation et distribution de ses produits pharmaceutiques entre les deux sociétés. Le positionnement en Rhône-Alpes permettra à Arrow, filiale française du groupe indien Aurobindo Pharma, de réaliser un rapprochement stratégique entre son site logistique, actuellement basé en Normandie, et son siège lyonnais. La construction de son nouveau bâtiment de 25 000 m2 pour un coût de 20 M€ au sein du Parc industriel de la plaine de l’Ain a été confié à APRC, un des majors de l’immobilier d’entreprise.

Dans le top 3 du marché hospitalier

Cet équipement qui devrait être opé­rationnel au second semestre 2021 et consécutif au renforcement de la position du laboratoire français sur le marché, aussi bien à la ville qu’à l’hôpital. Les volumes distribués ont en effet augmenté de manière signifi­cative (+50 %) sur les six dernières années et le résultat de cette crois­sance se traduit logiquement par des besoins d’entreposage plus impor­tants. Le nouveau bâtiment pourra accueillir à court terme 33 000 palettes et disposera d’une réserve foncière pouvant, à long terme, rajouter 15 000 palettes supplémentaires.


Par Eliséo Mucciante

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