Next Summer – nouvelle version du salon Sport Achat été – s’est déroulé les 19 et 20 juin à Savoiexpo à Chambéry. Un temps fort attendu par l’ensemble de la filière des sports de plein air.
« Cette édition 2023 a réuni les principales marques du secteur, à l’instar de Rossignol, Salomon, Millet-Lafuma… mais aussi des startup dans la Fresh zone comme Loop Sports, Wilma… et Hästko afin de proposer une offre large et importante aux détaillants venus découvrir les collections textile, matériel et accessoires printemps-été 2024 », analyse Mathieu Kurtz, directeur général de Sportair, organisateur de ce salon. Au total, 200 marques ont exposé, attirant près de 575 magasins indépendants et franchisés et plateformes web.
« Nous sommes sur les mêmes niveaux que l’an dernier mais nous nous attendions à des chiffres supérieurs puisque sur les deux jours, 450 préinscrits ne sont pas venus », regrette le dirigeant. La faute aux surstocks dans les magasins, après la pénurie de produits post-Covid ? « En l’espace d’un an, nous avons fait le grand écart », observe Mathieu Kurtz, qui reconnaît « C’est à nous de nous poser les bonnes questions avec les visiteurs et les exposants pour faire mieux à l’avenir. »
Les deux conférences thématiques sur la réparation des produits outdoor et le trail ainsi que les pitchs des startup ont été appréciées par les professionnels, en quête de chiffres et de tendances du marché.
ZOOM SUR DES ENTREPRISES DE SAVOIE MONT BLANC

Loop Sports passe la vitesse supérieure
Le spécialiste du reconditionnement de vélos haut de gamme accélère. Depuis sa création en 2022, la startup cofondée par Damien Chirpaz et Martin Bertrand (photo) a vendu 150 vélos et bouclera son premier exercice, à fin août, sur un chiffre d’affaires de 250 000 euros, « sachant que le gros de notre activité se concentre surtout sur trois mois, d’avril à juin », souligne Damien Chirpaz. Il s’agit, à 50/50, de vélos musculaires et électriques utilisés pour le sport et la mobilité. Loop Sports, qui compte environ 20 partenaires, s’approvisionne à 80 % auprès de professionnels (magasins, marques, écoles), le reste provenant de particuliers.
« Notre différence réside dans le conseil apporté au client, qui achète à notre siège et showroom à Villaz, ou sur notre site marchand (60 % des ventes) », assure Martin Bertrand. Pour devenir le leader des cycles reconditionnés en France, Loop Sports (6 salariés) finalisera, d’ici octobre, une levée de fonds de 1 M€ en equity auprès d’un fonds d’investissement et de business angels (dont Christophe Carniel, PDG de la sportech Vogo), complétée par BPI France et une dette bancaire. « Nous prévoyons de développer l’atelier, d’automatiser certaines étapes et de recruter », explique le duo, qui vise les 1 500 vélos par an.

Blue Ice « se cramponne«
Lauréat de plusieurs Ispo Awards, le fabricant de matériel de montagne innove, pour la saison 2023-2024, avec les crampons Harfang Tech pour la cascade de glace et de nouveaux sacs à dos (Moonlight, Octopus et Reach). Rebasé aux Houches après la rénovation de ses locaux, où sont réalisés la conception, le prototypage et l’assemblage, Blue Ice développe des produits « techniques, robustes et légers ». Son leitmotiv. « Nos designers sont des guides ou des pratiquants passionnés d’alpinisme et d’escalade », rappelle Claire Lafoux (photo), directrice commerciale Europe. La fabrication est sous-traitée en France et en Asie. En 2022, Blue Ice (30 salariés) déclare avoir multiplié par deux son chiffre d’affaires (non communiqué), avec une part à l’export de 30 %. Les sacs à dos pèsent 32 % des ventes, les baudriers 20 %, les broches 16 %, les crampons 17 %, les accessoires 15 %. Une croissance de 60 % est attendue cette année.
Créée en 2008 par Giovanni Rossi et dirigée par Frédéric Meynent, la marque haut-savoyarde est présente dans plus de 300 magasins de sport en Europe, dont 75 en France. Blue Ice, qui possède une filiale à Salt Lake City (USA), réfléchit à intégrer d’autres gammes de produits sur le marché d’ici à cinq ans et vise l’international.

Diezz Sports vise le « made in France »
Spécialiste du casque de ski, Diezz Sports (groupe GB Diffusion) a, depuis un an, investi le marché du casque de vélo. Les gammes (vélo route, VTT, multisport, urbain, hybride… avec ou sans visière) sont développées en interne à Saint-Jorioz, au siège de l’entreprise, et fabriquées à 80 % en Italie. L’objectif de Sandra Arbet, sa dirigeante : produire davantage en France. D’ailleurs, un premier casque de ski 100 % français, recyclé-recyclable, sera commercialisé en 2024.
« Et une version vélo est en cours de développement pour l’été prochain », ajoute, confiant, Mathias Arbet-Pont (photo), son fils, directeur du développement de GB Diffusion (distributeur des gants Gordini et, plus nouveau, des skis Raccoon). « Les moules, dit-il, appartiennent à Diezz Sports. Quant à la fabrication, nous l’avons confiée à un spécialiste dans le sud de la France. »
À l’avenir, l’entreprise veut généraliser l’emploi des matières recyclées ou biosourcées, comme l’ABS recyclé, avec des composites en chanvre, lin et peau de banane.
La marque fabrique aussi d’autres accessoires : protections corporelles, masques de ski et sacs (à chaussures, à skis et même à hydratation). Le chiffre d’affaires de la société, reprise fin 2021, a doublé en 2023 pour atteindre 2,6 M€ (750 points de vente).

Hästko séduit Victoria’s Secret
La marque de sous-vêtements de sport féminins, qui a ouvert boutique et bureaux aux Houches, près de Chamonix, se fait remarquer. Elle vient de signer avec l’enseigne de lingerie américaine Victoria’s Secret pour vendre ses shortys, tangas, brassières et legging sur son site internet fin 2023, voire début 2024. « Et si le succès est au rendez-vous, Hästko sera commercialisée dans ses boutiques », se réjouit Aurélie Moinier (photo), qui a créé l’entreprise avec Joséphine Bigo. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, elle fait son entrée dans les rayons des 25 magasins Au Vieux Campeur, à Paris, Lyon et Grenoble. De quoi gagner en notoriété. Hästko, qui a vendu 4 000 pièces en 2022 exclusivement sur son site marchand, étoffe également sa gamme avec trois nouveaux modèles de brassières, un bas et un legging de sport. Des modèles dessinés sur site et prototypés dans les bureaux d’études de ses partenaires sous-traitants en Asie, experts dans le savoir-faire de la thermosoudure et de l’impression 3D. « Ils sont conçus en polyamide élasthanne haut de gamme, mais nous prévoyons d’intégrer des matières recyclées, à condition de maîtriser le coût final », indique la directrice générale. Elle recherche des agents commerciaux pour s’implanter dans les boutiques de sport.

Lago veut éclairer l’outdoor
Concepteur d’éclairages portatifs pour les professionnels du bâtiment et de l’industrie, Lagolight s’est lancée, en septembre 2021, sur le marché de l’outdoor. « Decathlon est venu nous trouver pour fabriquer des lampes frontales et des baladeuses pour sa plateforme web », raconte son fondateur, Bruno Grosjean (photo), qui a créé la marque Lago.
Il précise : « Nos produits offrent un bon compromis puissance-économie-durabilité et poids, avec des éclairages adaptés aux différentes pratiques (camping, randonnée, course à pied…). » Certaines lampes sont rechargeables ou à pile, selon l’utilisation. « Une nouvelle frontale rechargeable sortira en fin d’année, ainsi qu’une batterie (rechargeable aussi) compatible avec tous nos modèles à piles », se félicite Bruno Grosjean. La conception est réalisée sur site, à Pringy (74), l’injection plastique à Annecy et à Alby-sur-Chéran (74), les pièces optiques et les contacts électriques dans l’Ain.
Lago, qui a vendu plusieurs centaines de frontales, est distribuée aujourd’hui dans une vingtaine de magasins de sport en France et entend gagner du terrain, également à l’international (à ce jour, moins de 5 % des ventes). Quant à la société Lagolight (1,1 M€ de CA, 8 salariés), qui travaille notamment avec la SNCF et l’Armée, elle compte environ 650 points de vente dans l’Hexagone.
Reportage et photos Patricia Rey











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