Le décolleteur de Sallanches, fragilisé par la crise, réaménage sa dette et ambitionne de se regrouper pour atteindre la taille critique dans l’aéronautique.
Patricia Rey
Alors que la crise de Covid‑19 a lourdement impacté les secteurs de l’aéronautique et du médical (baisse de 30 %), et, par ricochet, son chiffre d’affaires (9 M€ en 2019), Supermétal, société d’usinage de précision basée à Sallanches, n’a pas attendu pour réagir : réduction des effectifs (30 personnes en moins sur 94, sans passer par un plan social), PGE aéronautique de 1,2 million d’euros et recours au chômage partiel en 2020. À l’issue d’une conciliation avec ses partenaires bancaires initiée début 2021, l’entreprise vient de confirmer qu’elle a conclu à l’unanimité un protocole homologué par le tribunal d’Annecy.
Dette et crédits réaménagés
« La dette financière historique et les contrats de crédit-bail ont été réaménagés », se félicitent de concert Bruno de Chaisemartin et son coassocié Jérôme Arthus-Bertrand, respectivement président et directeur général. Et le premier, également vice-président du Syndicat national du décolletage et du cluster Aéro de la région Aura, d’expliquer : « Il nous fallait renégocier pour retrouver du souffle et faire face aux baisses de volumes annoncées par Airbus, un de nos gros clients de rang deux. Cela va nous permettre de traverser la crise et de réaligner les charges d’investissement avec le nouveau plan de développement mis en place sur vingt-quatre mois. » Avec l’objectif affiché de retrouver les volumes de 2019 dès 2023. Et c’est d’autant plus crédible que Supermétal a investi 5 millions d’euros en 2018 et 2019 à la demande de ses clients de l’aéronautique, doublant ainsi sa surface de production à 6 000 mètres carrés et modernisant son outil industriel. Un grand pas en avant vers l’usine 4.0, qui s’est aussi accompagné, à l’époque, de nombreux recrutements. Début 2021 encore, l’entreprise était lauréate du plan France Relance, bénéficiant ainsi d’1,2 million d’euros – dont 800 000 euros subventionnés par l’État – qui serviront à poursuivre la robotisation, l’automatisation et la gestion numérique de l’usine.

Répondre aux attentes du marché de l’aéronautique
À l’avenir, la PME, qui réalise des pièces de haute criticité à forte valeur ajoutée en petites et moyennes séries, devrait rééquilibrer son chiffre d’affaires ainsi : 40 % médical, 40 % aéronautique et 20 % énergie nucléaire… « Quand, aujourd’hui, l’aéronautique et le médical représentent respectivement 65 % et 20 %. » Elle fait aussi savoir qu’elle est prête à se regrouper avec d’autres entreprises pour former un ensemble de taille suffisante (30 M€) pour répondre aux attentes du marché de l’aéronautique dans les prochaines années. « La consolidation est une des voies de résilience possibles pour trouver rapidement des volumes et tirer profit des gains de productivité », conclut Bruno de Chaisemartin, convaincu que l’avenir de Supermétal passera par une alliance. Compte-tenu de la remontée en flèche du médical et de la reprise de l’aéronautique, l’entreprise, qui avait vu ses ventes baisser l’an dernier de 30 % à 6,5 millions d’euros, vise un chiffre d’affaires de 8 millions en 2021, et 10 millions en 2023.













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