Valserhône épinglée pour sa mauvaise gestion

par | 7 mars 2022

Un rapport dénonce la situation financière de la commune nouvelle. Le maire Régis Petit a réagi en rappelant l’urgence qu’il y avait à investir dans un lieu plombé par la désindustrialisation.

Valserhône, la commune nouvelle née le 1er janvier 2019 de la fusion de Bellegarde-sur-Valserine, Châtillon-en-Michaille et Lancrans, est aujourd’hui la troisième commune la plus peuplée de l’Ain, avec près de 17 000 habitants, derrière Bourg-en-Bresse et Oyonnax. Mise en place pour redonner un souffle nouveau à cette partie du territoire qui a connu la désindustrialisation, la fusion a pris “un coup dans l’aile” après la sortie d’un rapport alarmant de la Chambre régionale des comptes, survenant après un contrôle pour les exercices 2014 et suivants (NDLR : autrement dit, en grande partie avant la fusion). Le résultat pointe « La situation financière particulièrement dégradée » et « un autofinancement ne permettant plus de couvrir les dépenses d’investissement réalisées ». Il fait aussi référence à « une trésorerie particulièrement tendue » qui n’a pas empêché « un plan d’investissement ambitieux, notamment un projet d’aménagement de la plaine d’Arlod pour 19 M€ ». Enfin, le rapport met l’accent sur « une capacité de désendettement de plus de 20 années, soit un niveau nettement supérieur au seuil critique de 12 années ». Fermez le ban !

Tout n’est pas noir

En revanche, l’organisme de contrôle relève, au niveau des ressources humaines, « de considérables avancées dans la rationalisation de la gestion depuis 2015 », même si « la collectivité doit encore progresser dans la mise en œuvre d’une véritable gestion prévisionnelle de ses effectifs ». Un bon point est également décerné aux fonctions essentielles de la commande publique, « maîtrisées » et qui « permettent globalement de sécuriser les procédures, à l’exception de certains achats récurrents qui ne s’accompagnent pas toujours d’une mise en concurrence préalable, malgré les montants en jeu ». En conclusion, ladite chambre, qui ne liste pas moins de dix recommandations, engage la commune « à présenter un plan de redressement de sa trajectoire financière, en s’appuyant sur le levier fiscal, sur la baisse des charges de fonctionnement, sur la réduction des projets d’investissements et sur la cession d’actifs ».

Ancien maire de Bellegarde de 2003 à 2019, puis premier maire de Valserhône, Régis Petit s’est fendu d’un courrier de réponse envoyé au président de la Chambre régionale des comptes, expliquant avoir « vécu cette période de contrôle et ce rapport comme un audit complet qui (nous) alerte et (nous) permet de repenser nos méthodes de travail et d’action politique ». Il assure que « Bellegarde, comme d’autres villes ayant subi de plein fouet la crise industrielle et les grandes mutations économiques, était condamnée à investir puissamment, dans un temps qui pouvait être jugé court et ce, malgré la baisse des dotations de l’État ». Serein, le premier magistrat affirme que « l’emprunt de 19 M€ sera remboursé en totalité en décembre 2023 ». Tout en faisant amende honorable, le maire assure que « c’est avec volontarisme que (mon) équipe et (moi-même) allons mettre en œuvre les recommandations formulées par la cour, un certain nombre ayant d’ores et déjà été engagées ». Comme disait Jean-Pierre Raffarin, ex-Premier ministre : « La route est droite, mais la pente est forte. »


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La Chambre régionale des comptes a fait état de dix recommandations. On notera la recommandation n° 8 qui réclame de « présenter un plan de redressement de la situation financière de la commune, permettant de rétablir à moyen terme un niveau d’autofinancement en mesure d’assurer sans endettement supplémentaire l’entretien et le renouvellement des équipements communaux ».


Eliseo Mucciante

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