« Aucune décision officielle d’abandonner le Funiflaine n’a été prise à ce jour, mais la question se pose », confirme Jérôme Dussert, directeur du syndicat mixte Funiflaine, qui n’a pas souhaité s’exprimer davantage « dans cette période particulière ». Cette télécabine, reliant Magland à Flaine en 15 minutes, dont la genèse remonte à une trentaine d’années, devait être mise en service en 2025, après trois ans de travaux. Coût initial de l’opération : 85 M€. Et c’est là que le bât blesse. La flambée des prix des matières premières, liée à l’après-covid et la guerre en Ukraine, et les importants retards administratifs pris (obligeant la relance de certaines procédures) remettent en cause la faisabilité économique du projet.
« En fait, le Funiflaine, ce n’est ni la faute à Voltaire, ni la faute à Rousseau, c’est la faute à Poutine », tempête avec ironie le sénateur (UDI) Loïc Hervé, dans une interview accordée à notre confrère Le Faucigny. En ajoutant : « Rien n’a été fait, à commencer par les acquisitions foncières. » Lors des grandes annonces du printemps dernier, Éco (numéro du 18 juin 2021) avait déjà souligné cette lacune concernant le terrain prévu pour accueillir la gare de départ.












Ce serait bien intéressant d’évaluer ce qu’aura coûté la préparation de ce projet sur ces trente années où il n’aura cessé d’être « enfin approuvé », « financé », « adopté », « modifié », « repris », financé « , etc., et chaque fois avec l’approbation enthousiaste des élus locaux, départementaux, régionaux, heureux de faire état de leur clairvoyance et de leur audace (avec nos sous).
Il y aurait là un très beau sujet de thèse pour un doctorant intéressé à la prise de décision locale et à la communication qui l’accompagne. Sur ce point, on appréciera que l’Ukraine soit présenté comme un facteur déclenchant de cet abandon ! C’est évidemment moins compromettant que d’admettre que le dossier était mauvais.
Heureusement, tout est bien qui finit bien : nous en voilà débarassés ! Gérard Beaudoin