« Prendre des photos de la pluie dans son jardin pour nier le changement climatique, c’est comme affirmer qu’il n’y a pas de faim dans le monde au prétexte que votre frigo est plein », a lancé une internaute avec beaucoup d’à-propos, début août sur X (anciennement Twitter).
Une réponse au hashtag alors en vogue : #SécheresseAsymptomatique. Il faut avouer qu’une bonne partie du pays s’est régulièrement trouvée sous la flotte, au mois de juillet et encore début août. Tant mieux ! Ces pluies estivales auront permis de limiter les prélèvements, notamment afin d’irrigation. Rappelons qu’il ne suffit pas de quelques pluies pour remplir les nappes. En cette saison, l’eau, plutôt que de s’infiltrer, est absorbée par la végétation.
Ainsi, cet été un peu plus clément n’aura en rien résolu les problèmes de la filière piscicole dombiste, par exemple. Le niveau des étangs reste trop bas. Et en tout état de cause, cette météo française tristoune n’a rien changé au fait que juillet 2023 promet de s’inscrire dans les annales comme le plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale. Le mercure a atteint les 50 °C au Maroc, début août. Et les hectares de forêt détruits par les mégafeux au Canada se comptent en dizaine de milliers. Pas de quoi pavoiser, donc.
« Rappelons qu’il ne suffit pas de quelques pluies pour remplir les nappes. En cette saison, l’eau, plutôt que de s’infiltrer, est absorbée par la végétation. »
En revanche, s’il y a une leçon à tirer du scepticisme affiché par certains sur les réseaux sociaux, c’est que l’on doit se garder de prévisions alarmistes. Surtout en matière de météo, science aléatoire par nature. Les risques de sécheresse et de canicule ont été évoqués dès le printemps par nos dirigeants et montés en épingle (comme d’habitude) sur les chaînes d’information en continu. Et comme ces prédictions ont tardé à se réaliser, il était tentant d’ironiser sur le sujet voire d’en faire un argument « climatosceptique ».
Mais, nous y sommes enfin ! À l’heure où j’écris ces lignes, les fortes chaleurs assomment les Aindinois depuis une dizaine de jours et l’on ne promet pas d’accalmie avant ce mercredi ou ce jeudi. Une canicule tardive que les spécialistes décrivent comme une manifestation évidente du changement climatique et comme un événement de plus en plus courant à l’avenir.
Ainsi, c’est sous un soleil de plomb que le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu, accompagné du ministre délégué chargé de l’Industrie Roland Lescure et de la secrétaire d’État chargée de la Biodiversité Sarah El Haïry, ont visité le site Kem One de Balan, ce lundi 21 août. Un site qui n’a pas été choisi au hasard, a expliqué Christophe Béchu. « Depuis 2018, ce département n’a connu que quatre mois sans restriction d’eau. »
La visite avait pour but de mettre en avant les mesures de sobriété hydrique pour l’industrie. Kem One fait figure d’exemple, avec un site qui, en 2023, aura réduit ses consommations de 20 %. Et le fabricant de PVC envisage d’aller plus loin encore, diminuant ses prélèvements de 75 % à l’horizon 2030. « D’après les experts du climat, nous allons avoir beaucoup moins d’eau prélevable à l’avenir, de l’ordre de 40 % », a relevé le ministre. Il convient donc d’agir si l’on veut éviter de se retrouver au régime sec.
Sébastien Jacquart












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