Depuis 2022, un projet de traité international contre la pollution plastique est évoqué par 175 pays. L’avant-dernier cycle de négociations s’est tenu le 29 avril à Ottawa, au Canada. À cette occasion, des scientifiques d’une douzaine d’universités du monde entier ont rendu une étude sur le sujet.
Actuellement, l’équivalent d’un camion benne de déchets plastiques se déverse dans les océans toutes les minutes. Un chiffre affolant quand on sait que la production de plastique (460 millions de tonnes) pourrait tripler d’ici 2060, alors que seulement 9 % de la matière est recyclée et que chaque augmentation de production de 1% équivaut à 1% de pollution en plus.

Selon cette même étude, près de 50% de ces déchets proviennent de 56 entreprises seulement, questionnant ainsi la nécessité d’agir directement à la source. Quand on évoque le thème du recyclage, les dirigeants de la Plastics Vallée, dans l’Ain, s’étonnent : « Communiquer sur le sujet ? Pour moi, le recyclage est du bon sens ; je l’ai toujours fait. »
Et force est de constater que la plupart des entreprises de cet écosystème, si ce n’est toutes, utilisent une part de plastique recyclé dans leur production, voire recyclent directement leurs produits défectueux ou leurs chutes de production plutôt que de les jeter. Là où, pour certains, cette manière de faire est une innovation, dans nos territoires, c’est une habitude. De manière plus générale, la France ne semble pas être en queue de peloton.
« Actuellement, on trouve dans le Pacifique un septième continent, constitué de déchets plastiques flottant sur l’océan. On parle de continent car cette masse mesure trois fois la taille de la France, soit près de 1,6 million de kilomètres carrés… »
Dans le dossier de notre édition du 15 mars, nous rapportions que les quelque 3,7 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année, sont recyclées à 27 %. Un résultat trois fois meilleur que celui de l’étude, même si Danone, une entreprise bien française, y est classée au quatrième rang des sociétés les plus polluantes.
Devons-nous pour autant nous contenter de ne pas être les derniers ? Actuellement, on trouve dans le Pacifique un septième continent, constitué de déchets plastiques flottant sur l’océan. On parle de continent car cette masse mesure trois fois la taille de la France, soit près de 1,6 million de kilomètres carrés… Imaginez donc ! De plus, le plastique est tellement présent dans nos vies que l’on en retrouve désormais dans le placenta, dans le sang ou encore dans le lait maternel.
Et bien sûr, tout cela n’est pas sans conséquence. S’il semble urgent d’agir, nous passer du plastique en l’état actuel des choses serait particulièrement compliqué et coûteux. Dans nos territoires des Savoie et surtout de l’Ain, cela mettrait à mal tout un pan de l’économie.
Dès lors, cesser d’augmenter sa production, ou en tout cas s’assurer de sa recyclabilité, semble, à court et moyen terme, bien plus réaliste que de diminuer sa fabrication. Une chose me rassure de surcroît. Les industriels, qui ont montré à de multiples reprises leur inventivité, ont conscience de ces problèmes. Et je ne doute pas de leur capacité à trouver des solutions, quelles qu’elles soient, et montrer l’exemple dans ce domaine.
Joséphine Jossermoz
Photo à la une de Volodymyr Hryshchenko sur Unsplash











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