Principale source d’énergie renouvelable en Suisse, l’hydraulique se développe aussi en Haute-Savoie qui est le quatrième département le plus producteur, derrière la Savoie et l’Isère qui totalisent un tiers de la production française.
Afin de réussir la transition énergétique, les collectivités ont identifié l’hydraulique comme un levier stratégique, particulièrement pertinent dans un territoire traversé par de nombreux cours d’eau dont les dénivelés accentuent naturellement le débit.
Contrairement à d’autres énergies renouvelables, cette ressource présente l’avantage d’être pilotable et peu soumise aux intermittences, garantissant une production stable et maîtrisée. Petites ou grandes, les infrastructures hydrauliques se développent ces dernières années.
Le département de la Haute-Savoie compte aujourd’hui plus de 40 installations, dont la moitié est exploitée par EDF. À elles seules, elles permettent d’assurer la consommation électrique de plus de 400 000 habitants. Des projets sont en cours. Ainsi, dès l’année prochaine, les communes de Thyez et de Scionzier, dans la vallée de l’Arve, bénéficieront d’une nouvelle centrale implantée sur la rivière.

D’une puissance de 1 600 kW, elle couvrira la consommation annuelle d’environ 4 000 habitants. Le projet, mené par Shema (filiale d’EDF), comprend également la rénovation du seuil de Pressy ainsi que la création d’une passe à poissons afin de préserver la biodiversité piscicole de la rivière.
Modèle helvète
En Suisse, l’énergie hydraulique représente près des deux tiers de la production électrique nationale. Le pays compte plus de 700 centrales, fonctionnant selon différents procédés : au fil de l’eau, à accumulation ou encore par pompage-turbinage. La Confédération entend poursuivre le développement de cette filière afin de dépasser 39 000 GWh à l’horizon 2050, contre un peu plus de 37 000 GWh aujourd’hui.
Dans ce contexte, la petite hydraulique a également un rôle à jouer, même si elle reste souvent moins soutenue que les installations de grande envergure. « Elle est freinée par des conditions- cadres qui évoluent chaque année et rendent les investissements incertains », souligne Aline Choulot, ingénieure diplômée de l’INSA de Lyon, cheffe de projets en petite hydraulique chez Mhylab et secrétaire de la section romande de Swiss Small Hydro.
« L’avantage des petits sites décentralisés réside dans leur flexibilité », poursuit-elle. Pour les communes, ces installations représentent aussi une forme d’indépendance énergétique et une ressource financière non négligeable. À Salvan, dans le Valais, où la population dépasse désormais 1 500 habitants, la petite hydraulique s’impose comme une évidence.
« Chacun doit faire sa part, insiste le président de Salvan, Fabien Piasenta. Avec deux centrales, et bientôt une troisième, c’est l’ensemble de la vallée qui sera autonome. »
Sandra Molloy
Photo à la une : le barrage d’Emosson. Crédit : Wikipedia sous licence Creative Commons.
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Printemps 2026, disponible gratuitement au format liseuse en ligne.













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