Yuka et autre Open foods facts peuvent faire le succès ou le malheur d’un produit. Novalim-Alimentec sensibilise les professionnels de l’agroalimentaire.

60 % des Français sont de plus en plus inquiets de la sécurité alimentaire et 40 % sont de plus en plus méfiants vis-à-vis des grandes marques. Les dernières crises alimentaires causées par les faux steaks commercialisés aux associations ou les huiles minérales retrouvées dans les laits pour bébés en France n’y sont pas pour rien. De ce fait, les applications mobiles qui permettent d’obtenir une information instantanée sur les produits alimentaires et les risques qu’ils font courir sur leur santé ont vu leur succès s’accroître. Aujourd’hui, quand Yuka dit rouge, les 12 millions de consommateurs qui l’ont téléchargée reposent presque tous le produit qu’ils viennent de scanner.

Dès lors, comment faire pour que ces applications ne réduisent pas en un scan tous les efforts déployés pour lancer un nouveau produit, voire, rectifier les caractéristiques sur une étiquette d’un déjà existant ? C’est tout le sens du webinaire “Naturalité, cleanlabel et bio, innover pour rassurer” organisé à l’adresse d’industriels de l’agroalimentaire et fournisseurs d’ingrédients par Novalim-Alimentec, service du Syndicat Mixte du Technopole Alimentec, qui intervient depuis 2003 auprès des créateurs et des entreprises du secteur agroalimentaire (IAA, équipementiers et fabricants d’emballages).

Nettoyer ses étiquettes

Le moteur de la naturalité, c’est l’inquiétude grandissante de l’alimentation sur la santé ; le monde de vie urbain se sent éloigné du monde agricole. La méconnaissance de la filière alimentaire et de ses modes de production en est aussi un vecteur. « La naturalité – ce qui relève de la nature – est une tendance de fond ! C’est le consommateur qui décide. Il devient consomm‘acteur. Il veut des produits plus naturels et sains », explique Caroline Develle, chargée de mission innovation pour Novalim-Alimentec. La naturalité exige des produits bios et un cleanlabel qui répondent aux attentes des consommateurs désireux de connaître l’origine et la composition des produits alimentaires. « Ce cleanlabel la passe par le nettoyage des étiquettes (“sans œufs”, “sans gluten”, “sans huile de palme”, etc.) qui sont décryptées par ces applications », insiste-t-elle.

Pour l’agroalimentaire, jouer la carte de la transparence s’avère indispensable, le confinement n’ayant fait qu’accélérer la tendance. Essayer d’acheter des produits locaux aussi souvent que possible est désormais le vœu pieux de près de 80 % des consommateurs. Peut-on leur en vouloir, quand tout ce qui est ingéré alimente un autre moteur, le cœur humain ?


Des infos en plus

  • Additifs
    À 95 %, les utilisateurs de Yuka ont arrêté d’acheter des produits contenant des additifs controversés.
  • Étiquettes
    68 % des Français font attention à la composition des produits. Ce chiffre toutefois est en baisse par rapport à 2019 où il était de 74,5 %. C’est l’un des effets du confinement où les consommateurs ont tout simplement acheté ce qui se trouvait encore dans des rayons qui sonnaient creux.
  • Vert
    Le bio a le vent en poupe. Il a connu une hausse de près de 26 % dans les dépenses des consommateurs. C’est toutefois 7 points de moins qu’en 2019. Toujours un effet du confinement et des difficultés pour s’approvisionner.
  • Naturel
    Le “fait maison” est en pleine ascension. En 2020, pour les raisons que l’on sait, le tiers des ménages a passé plus de temps à cuisiner des repas. 15 % ont même fabriqué des produits d’entretien. 76 % privilégient désormais les produits naturels, estimant que c’est meilleur pour la santé.
  • Formation
    Du 29 au 30 juin, Caroline Develle, experte en innovation, animera une action collective sur “La Naturalité : Au cœur de vos produits alimentaires”. Cette action s’adresse aux PME ou TPE agroalimentaires de la région Auvergne Rhône-Alpes. L’action se composera de deux journées de formation collective et d’une journée de formation individuelle au sein de l’entreprise ou sur le Technopole Alimentec, et d’un accompagnement individuel d’une journée et demie. La Draaf Auvergne Rhône-Alpes souhaite soutenir les entreprises dans leur quête de “Naturalité” C’est pourquoi, elle finance cette action à hauteur de 50 %. Elle est gratuite pour l’entreprise, si l’Opco prend en charge le coût résiduel de 1 500 euros.
    Plus d’infos sur www.alimentec.com/action-collective-la-naturalite.html

Par Éliséo Mucciante

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 4 juin 2020. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.