À l’image du Centre Hauteville Stage Sport Santé (H3S), qui devient Boost Center, l’écosystème du tourisme aindinois évolue.
À nouvelle ambition, nouvelle stratégie. La date du 1er septembre marque un changement important pour la gestion de Hauteville Stage Sport Santé (H3S). Ce Centre européen de stages et séjours sportifs s’offre une nouvelle identité en devenant Boost Center. Plus qu’un changement de nom, c’est un nouveau chapitre et de nouvelles perspectives de développement qui s’offrent à la structure ainsi qu’au territoire du Haut-Bugey et de Plateau-d’Hauteville. En 2020, l’association H3S avait émis le souhait de ne pas poursuivre sa délégation de service public (DSP) et de ne pas l’emmener jusqu’à son terme, prévu pour la fin 2024. « Si la Covid n’a pas aidé les choses, cela devenait une gestion très importante pour un tissu associatif », justifie Sébastien Saïz, directeur général adjoint des services de proximité. L’organisation étant assez complexe, la création d’une société d’économie mixte locale (SEM) se profilait comme étant la meilleure des solutions. Créée en février 2022, la SEM Haut-Bugey Séjours Stages Sport Santé (HB4S) porte un projet commercial, beaucoup plus large qu’auparavant. Haut-Bugey Agglomération est actionnaire de la SEM à hauteur de 46 000 euros sur un capital de 70 000 euros. La différence a été apportée par huit actionnaires privés, de toutes typologies, du sport au tourisme en passant par le médical, avec l’entrée d’Ultra 01 (trail running), la JL Bourg (basket), le FBBP (Football Bourg-en-Bresse – Péronnas), Oyonnax Rugby, les Pep 01 (La solidarité en action), l’Orsac (Organisation pour la santé et l’accueil), la Clinique du Souffle Le Pontet, le Groupement hospitalier de territoire Bresse – Haut-Bugey.
Un tourisme en mutation
« Le centre était en très bon état et il a toujours été très bien entretenu. Cependant, nous avons vite remarqué, notamment du côté de l’hébergement, qu’il était souhaitable de faire quelques investissements pour une remise à niveau. C’est pour cela que les 16 chambres, d’une capacité d’accueil de 72 couchages, seront totalement rénovées. Les travaux débuteront début octobre pour se terminer, si tout va bien, fin décembre », indique Jean-Jacques Matz, président directeur général de la SEM HB4S et vice-président de HBA en charge de la politique sportive. À cela s’ajoutera un investissement de 600 000 € HT pour l’acquisition de 12 chalets bois (60 places), en lien avec le camping des 12 Cols, situé à 200 mètres du centre. Ces derniers devraient être mis en service au printemps 2023. Boost Center participera également à l’entretien, notamment, des terrains de football puisque celui-ci a une clientèle de niveau national, voire semi-professionnel.
Boost Center aura la capacité de proposer des stages sportifs intégrant aussi bien des prestations médicales que de bien-être. Dirigé par Isabelle Larue, le centre compte actuellement six permanents. « Nous souhaitons également que Boost Center devienne un site référent dans les domaines des sports adaptés et des handisports », termine Jean-Jacques Matz aux côtés de Philippe Emin, maire de Plateau-d’Hauteville, et de Brigitte Emin, vice-présidente de Boost Center.
1,20 M€
C’est le chiffre d’affaires réalisé en 2019, avant la crise Covid. L’objectif, à 5 ans, est de passer à 2 millions d’euros.
700 000 €HT
C’est la somme qui sera injectée dans la rénovation de l’hébergement collectif de Boost Center afin d’atteindre les standards de l’hôtellerie actuelle.
Tourisme mémoriel avec la Ferme de la Forêt
Les fermes bressanes représentent un patrimoine unique à découvrir ou à redécouvrir. C’est tout naturellement que Grand Bourg Agglomération s’est donné pour défi de sauvegarder et valoriser la Ferme de la Forêt. Située sur la commune de Courtes, elle restera le lieu de découverte du quotidien des Bressans au XIXe siècle. « Les travaux de valorisation lancés en juin dernier ont pour objectif d’enrichir l’offre touristique pour développer l’attractivité du lieu, de proposer des services supplémentaires pour améliorer l’accueil des visiteurs, notamment des groupes », indique Jean-Pierre Roche, vice-président de Grand Bourg Agglomération délégué au tourisme. « Avec une livraison programmée courant 2023, ce site mémoriel répond aux attentes de visiteurs en quête d’authenticité et nous misons sur les 10 000 entrées contre 7 000 aujourd’hui. »
Aintourisme : Créer un écosystème touristique
Au-delà de sa gastronomie, le département ne manque pas d’atouts en termes de tourisme. L’essentiel étant de faire en sorte que tout le monde travaille ensemble.
« En tant que conseiller départemental, membre de la commission du tourisme, du patrimoine et de la culture, et président d’Aintourisme, mon objectif est de faire en sorte que l’Ain puisse jouer en première intelligence sur le tourisme et assumer cette vocation », scande Damien Abad. Un autre objectif, parmi les missions de l’agence de développement touristique du département de l’Ain, est de faire du secteur, une économie à part entière. Mais si le tourisme amène le tourisme, il doit être raisonné et raisonnable. « Nous souhaitons avoir un tourisme à taille humaine, axé sur l’environnement, la préservation de l’eau et de nos forêts, donc sur un écotourisme, mais également sur un tourisme éducatif qui soit intéressant », ajoute le président d’Aintourisme. L’occasion d’emprunter, par exemple, le chemin de mémoire avec la rénovation du musée de la Résistance et de la Déportation à Nantua, la réhabilitation de l’Observatoire de la Lèbe (centre d’astronomie de l’Ain) ou encore, la réhabilitation du Mémorial du Val d’Enfer à Cerdon « pour avoir une accessibilité handicap qui soit plus performante ».
Parmi les sites touristiques figure également la base de loisirs de la Plaine Tonique dont les travaux de requalification se poursuivent pour lui permettre de s’adapter au tourisme de demain. On trouve encore La Cuivrerie de Cerdon, projet phare du Département, qui devrait retrouver son lustre d’antan. « Elle ne va pas devenir simplement un musée, mais un espace vivant où l’on reconstitue l’atmosphère telle qu’elle existait. Les machines vont se remettre à fonctionner en les mêlant à des procédés modernes. Sur l’année 2023, il y aura un enjeu très important puisque qu’aux côtés du Parc des Oiseaux, des Soieries Bonnet, la base de loisirs de L’île Chambod, les Grottes de Cerdon et l’Abbaye d’Ambronay, elle sera un site important. Pour la première fois, on a créé un groupement d’intérêt public (GIP) et cette structure locale va permettre de mettre en réseau ces sites », détaille Damien Abad. Interrogé sur le projet de Boost Center, l’élu se dit ravi de l’idée d’allier sport, santé et économie touristique. « Je pense que le mot Hauteville doit être un moteur dans le pôle tourisme et santé. Il ne faut pas oublier que nous avons l’un des premiers parcours handi-branches de France sur le Plateau. »
Carole Muet











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