Ain : le compte à rebours de la facturation électronique est lancé

par | 29 Jan 2026

À partir de septembre, toutes les entreprises devront basculer vers des factures dématérialisées. Une réforme structurante, encore mal comprise.

Présentée comme «une réforme dampleur», la généralisation de la facturation électronique s’imposera progressivement à l’ensemble du tissu économique français. Dans l’Ain, où 92 000 entreprises sont concernées, les services de l’État, accompagnés de la CCI, de la CMA et de l’Ordre des experts-comptables Aura, ont détaillé les contours de cette transformation lors d’une conférence de presse organisée le 26 janvier au siège de la CCI à Bourg-en-Bresse.

Deux échéances structurent cette évolution. À compter du 1er septembre, toutes les entreprises assujetties, y compris les microentreprises, devront être en capacité de recevoir des factures au format électronique. À cette même date, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire auront également l’obligation d’émettre leurs factures électroniquement et de transmettre certaines données de transaction à l’administration fiscale.

Les PME et microentreprises bénéficieront d’un délai supplémentaire : elles devront émettre à leur tour ces factures à partir du 1er septembre 2027. « Cette date butoir n’est pas une ligne de départ, c’est une ligne d’arrivée », insiste Vincent Bonardi, directeur départemental des Finances publiques de l’Ain.

L’objectif est de lutter contre la fraude à la TVA, fiabiliser les échanges et moderniser les processus comptables. À ce jour, 101 plateformes de dématérialisation partenaires sont agréées, laissant un libre choix aux entreprises.

La question des microentreprises

Si la réforme peut paraître complexe, l’État mise sur un accompagnement collectif. «Il ne faut pas que les entreprises paniquent», souligne Vincent Bonardi, rappelant que l’écosystème — experts-comptables, chambres consulaires, banques — est appelé à absorber l’essentiel de la complexité technique. Sur le plan économique, les gains sont mis en avant : une facture papier coûte en moyenne 9 euros, contre 5 euros pour une facture électronique, avec à la clé 4,5 milliards d’euros de gains de productivité annuels estimés pour les entreprises.

Reste un point de vigilance majeur : les microentreprises, souvent mal informées. «On nous oppose régulièrement “ça ne nous concerne pas, mais si, cela implique tout le monde», alerte Amarande Grand-Gniewek, vice-présidente de la CMA de l’Ain. Un constat partagé par Patrice Fontenat, président de la CCI 01, qui évoque de nombreuses interrogations sur les coûts, les procédures et l’organisation interne. Pour accompagner les entreprises aindinoises, plusieurs rendez-vous sont programmés : une nouvelle réunion le 31 mars à la CCI, puis des rencontres à Belley, Gex et Montluel, ainsi que des interventions sectorielles par la DDFiP, notamment auprès de la Capeb, dès la deuxième quinzaine de mars.

Déjà déployée en Italie et en Belgique, la facturation électronique s’inscrit dans une dynamique européenne, avec une généralisation prévue entre 2030 et 2035.

2 Commentaires

  1. Boiron

    Les autoentrepreneurs sont ils concernés

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez également :

Automobile : Distrimotor mise sur l’économie circulaire

À Annecy, le distributeur en ligne de moteurs et pièces mécaniques en échange standard donne une seconde vie aux véhicules automobiles et prévoit de se développer dans l’électrique. Avec l’ambition de devenir un référent sur ce marché. Vendre des pièces automobiles...

LIRE LA SUITE

Patrice Pointet décoré de la médaille 
de la Ville d'Oyonnax. ©Thibault Jeanpierre

Ain : Patrice Pointet, la main et la mémoire

À Oyonnax, cet artisan perpétue l’art rare de la lunette faite manuellement. À 65 ans, il transmet, avec passion, un savoir-faire menacé. Patrice Pointet continue de faire vivre un geste devenu rare, presque confidentiel : fabriquer une monture de lunettes de...

LIRE LA SUITE

Julien Canciani, Chantal Rovri, Guy Martin, Patrice Fontenat, intervenants de la Banque de France et de la CCI de l'Ain. © Carole Muet

Dans l’Ain, l’économie entre prudence et résilience

À l’heure où les entreprises cherchent à se projeter, la Banque de France et la CCI livrent un diagnostic détaillé de l’activité dans le département. Une photographie qui éclaire les forces du territoire autant que les défis à venir. Lundi 9 février, la Banque de...

LIRE LA SUITE

Votre magazine ECO de l’Ain du 19 février 2026

100% en ligne, feuilletez votre magazine ECO de l'Ain n°8 du 19 février 2026 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Le saviez-vous ?Vous pouvez afficher la publication en plein écran, télécharger le document en .pdf, l'imprimer, mais aussi...

LIRE LA SUITE

Publicité

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

ANNONCES LÉGALES WEB

Consultez les annonces légales publiées sur notre site habilitées par la Préfecture >>

VENTES AUX ENCHÈRES

Consultez nos ventes aux enchères immobilières >>

publicité

abonnement

TESTEZ-NOUS !

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable gratuitement à tout moment

publicité

ARTICLES LES + LUS