L’établissement trévoltien reçoit des apprenants de toute la France et au-delà, quand on ne vient pas le consulter du fin fond de l’Europe.
L’École des professionnels de la périnatalité, à Trévoux, a reçu dernièrement, une délégation d’une marque suédoise de porte-bébés. Une visite inscrite « dans le cadre d’une mission de consultants que nous assumons bénévolement », explique le directeur, Benjamin Sertelon. « Nous y tenons car cela nous permet d’être détachés de tout conflit d’intérêts. Nous n’allons pas recommander une marque plus qu’une autre. Cela nous apporte, de surcroît, une reconnaissance nationale et nous permet d’être dotés de porte-bébés de toutes marques pour la formation de nos apprenants et apprenantes. C’est une expertise que d’autres formateurs n’ont pas. »
Fondée en 2021 par Isabelle Sertelon, forte de 15 ans d’expérience dans le secteur de la périnatalité, l’école spécialiste du soin du développement a dispensé, en 2024, quelque 24 000 heures de formation à quelque 950 apprenants. Un chiffre a priori stable sur 2025 et attendu en progression en 2026, à la faveur d’une communication renforcée, notamment en ligne. Le public : sages-femmes, médecins et autres personnels soignants exerçant en libéral ou en milieu hospitalier, venus de toute la France, d’Europe et même, du Moyen-Orient, tandis que les équipes, trois personnes en interne et six formatrices externes, se déplacent dans tout l’Hexagone, en Belgique et en Suisse, y compris dans sa partie alémanique où les établissements font appel à un interprète. Encore une preuve d’expertise reconnue.
Détail amusant, ni Isabelle ni Benjamin Sertelon ne sont issus du milieu médical. Elle, venait du design textile. « C’est en travaillant sur les écharpes de portage qu’elle a été conduite à travailler dans l’univers de la néonatologie, jusqu’à devenir une référente du contact peau à peau auprès des professionnels en France et même en Europe », raconte le directeur. Guitariste professionnel, lui a exercé ses talents dans la pédagogie musicale pendant 20 ans, « ce qui m’a amené à explorer toutes sortes de supports numériques de formation, puis à diriger aujourd’hui cette école. Chargé de tout le suivi pédagogique, administratif, de qualité… Je suis le lien entre toutes les facettes de l’établissement. Car les organismes de formation ont une obligation de résultat, le devoir de conduire les apprenants à valider des acquis ».
Parmi les approches proposées aux professionnels figure l’accompagnement aux soins de périnatalité pour les personnes en situation de handicap. « Les équipements ne sont pas les mêmes pour un parent en fauteuil ou privé d’un bras », remarque Benjamin Sertelon. De même, l’abord sera différent, pour les bébés nés prématurés ou porteurs de handicap. L’école forme aussi les professionnels chargés de l’accueil des enfants en attente de placement, afin de prévenir les troubles de l’attachement.

Un projet post-covid
Après la pandémie, la demande de formation aux soins du développement a augmenté. « Les soignants avaient besoin de retrouver du sens. Ils ont voulu apprendre de nouvelles techniques, pour mieux accompagner les bébés et leurs familles. Et les thèmes se sont élargis », se souvient Benjamin Sertelon. « Nous-mêmes, nous avions besoin de nous recentrer. C’est pourquoi nous avons créé ce lieu de formation fixe, en 2021. » Auparavant, l’activité était 100 % itinérante.
Sébastien Jacquart








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