Avec l’arrivée des réacteurs EPR2, les départements de l’Isère et de l’Ain avancent sur un projet destiné à fluidifier les déplacements entre les deux rives.
Les présidents des Départements de l’Isère et de l’Ain, Jean‑Pierre Barbier et Jean Deguerry, ont présenté, mercredi 4 mars à Crémieu (Isère), l’avancée des études d’opportunité d’un nouveau franchissement du Rhône. Trois fuseaux se démarquent pour répondre à une hausse annoncée du trafic, qui pourrait augmenter de 30 à plus de 100 % d’ici 2045 si aucun aménagement n’est réalisé, notamment en lien avec l’implantation des réacteurs EPR2 sur le site du Bugey.
L’arrivée de cette paire d’EPR2, combinée à l’extension du Parc industriel de la Plaine de l’Ain (Pipa) et à la croissance démographique d’un secteur déjà saturé, rend indispensable la création d’un nouvel aménagement routier reliant les deux rives du Rhône. Sans intervention, les ponts de Loyettes et de Lagnieu, ainsi que les voies annexes, seraient rapidement congestionnés. La question n’est plus de savoir s’il faut un pont, « mais où l’implanter ».
Accompagner l’essor du secteur
Les concertations menées en 2023 puis en 2025 avec les élus locaux ont permis de dégager trois scénarios (lire ci-dessous). Objectifs : fluidifier la circulation, soulager les ouvrages existants, préserver les centres‑bourgs, améliorer l’accès aux pôles d’activité (EPR2, CNPE du Bugey, Pipa), tout en intégrant les enjeux environnementaux et les délais.
« La construction des réacteurs EPR2 au Bugey et l’activité économique croissante dans le Nord‑Isère vont faire augmenter le trafic sur les routes, détaille Jean‑Pierre Barbier. Le résultat est connu d’avance : des bouchons interminables et des nuisances pour les habitants. »
Jean Deguerry insiste sur l’enjeu stratégique : « Avec Jean‑Pierre Barbier, nous allons continuer de travailler main dans la main pour concevoir le meilleur projet. L’installation des EPR est une chance pour notre territoire, pour son économie et pour la souveraineté énergétique du pays. »
En parallèle, les deux Départements ont décidé de rénover le pont de Lagnieu, aujourd’hui limité en tonnage. L’ouvrage sera renforcé et élargi pour sécuriser les modes actifs et les travaux, estimés à 5 M€ seront financés à parts égales. Ils devraient s’achever en 2029.
Actuellement, le pont de Loyettes supporte 14 300 véhicules/jour (dont 6,5 % de poids lourds) et pourrait atteindre 17 000 véhicules/jour en 2045. Celui de Lagnieu, à 14 000 véhicules/jour avec 5,5 % de poids lourds, grimperait à plus de 19 000 passages.
Trois scénarios à l’étude
Les études de faisabilité concernant le nouveau franchissement du Rhône se poursuivent, et les résultats pourront être connus début 2027. Suivront la concertation publique, puis les études opérationnelles sur la variante retenue et l’enquête publique.
Trois scénarios se détachent pour fluidifier la circulation : les variantes A et D, situées à proximité du pont de Loyettes avec un contournement de Saint-Romain-de-Jalionas, et le scénario G, entre Anthon et Loyettes. Leur coût est estimé à 40 M€ pour A et D, et entre 65 et 85 M€ pour G. La mise en service de l’ouvrage est envisagée fin 2034.

Carole Muet









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