À Ambérieu-en-Bugey (Ain), Thomas Patin a repris la boulangerie-pâtisserie familiale et marche dans les pas de son père. Entre héritage, modernisation et télévision, il trace désormais sa propre voie.
« Nous voulons écrire notre propre histoire », résume Thomas Patin. Le chef pâtissier et dirigeant de La Cage aux Chocolats, à Ambérieu-en-Bugey, vit aujourd’hui un moment charnière. Une histoire de transmission, de famille et de passion, où les trajectoires d’un père et de son fils se répondent, à vingt ans d’intervalle, jusque sous les projecteurs de la télévision.
En novembre 2024, à 30 ans, Thomas Patin reprend officiellement la boulangerie-pâtisserie familiale fondée bien avant lui et reprise par ses parents, Laurent et Valérie Patin, il y a deux décennies. Pourtant, rien n’était écrit d’avance. « Quand j’ai fait mon apprentissage ici, à 15 ans, je n’avais pas comme objectif de reprendre », confie-t-il. Formé au Cecof d’Ambérieu-en-Bugey, il enchaîne CAP, mention complémentaire et brevet technique des métiers avant de prendre le large.
Un parcours singulier
Direction Paris, d’abord, où il intègre de grandes maisons comme le palace Lutetia, puis le sud de la France, à la Terre Blanche, avant un retour à Lyon. Ce parcours exigeant est nourri par une ambition personnelle et un héritage familial fort : son père, son grand-père et même son frère jumeau sont pâtissiers. « J’ai toujours eu au fond de moi l’idée de reprendre une affaire ou de créer ma propre entreprise », admet-il.
Le déclic survient lorsque son père tombe malade. « Je suis revenu aider à la boutique. C’est là que l’idée a commencé à mûrir. » Pendant six mois, Thomas assure le remplacement. « J’avais déjà fait des premières demandes sans aller au bout du processus, mais j’ai senti qu’il était temps, aussi pour soulager mon père, inquiet de partir en retraite sans successeur », indique le jeune dirigeant soutenu par son épouse pour franchir le pas.
La transition s’est faite en douceur. « Nous avons eu besoin d’une petite période pour passer le flambeau », reconnaît-il. Aujourd’hui encore, l’esprit familial reste intact : « Ma mère est toujours à l’accueil et ma femme a récemment rejoint l’entreprise en vente. » Huit salariés composent l’équipe, dont deux apprentis. La clientèle rayonne dans un périmètre d’une trentaine de kilomètres autour d’Ambérieu.
Vers sa propre identité
Côté produits, Thomas revendique un positionnement clair. « En tant que pâtissier de métier, j’ai voulu ramener le côté haut de gamme que j’ai appris, sans oublier les choses traditionnelles. » La maison est notamment devenue une référence locale pour un produit phare : « On nous identifie comme la boulangerie des meringues », sourit le gérant.
Cette nouvelle page s’écrit aussi à l’écran. En février, La Cage aux Chocolats apparaîtra dans La Meilleure Boulangerie de France sur M6. Une résonance particulière pour Thomas. « J’ai aussi hérité de cette histoire, puisque mon père avait participé à l’émission il y a onze ans, raconte-t-il. Ce n’est pas commun d’y apparaître en tant qu’apprenti et aujourd’hui en tant que dirigeant. »
Contacté par la production, il y voit une opportunité. « Les gens sont curieux de savoir qui se cache derrière le gâteau ou le pain. Avec l’émission, nous espérons créer du lien », explique le pâtissier. L’avenir s’écrit désormais à son image : nouvelle identité visuelle, modernisation de l’entreprise, communication renforcée sur les réseaux sociaux.
Les premiers signaux sont encourageants : « La production est plus soutenue qu’au moment de la reprise et les fêtes de fin d’année ont été particulièrement réussies », se réjouit Thomas. À Ambérieu-en-Bugey, l’histoire des Patin continue. Mais désormais, elle avance sous une nouvelle signature : la sienne.
Thibault Jeanpierre









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