Ain : Tony Écalle, « Pour être athlète de haut niveau, il y a un prix à payer »

par | 23 Avr 2026

Champions du monde d’attelage par équipe en 2024, Tony Écalle et Julie Nauche, installés à Dompierre-sur-Veyle, visent un nouveau titre en septembre, à Munich. Pour atteindre leur objectif, Tony doit jongler entre vie professionnelle et sport de haut niveau. Interview.

Vous avez remporté la première étape qualificative pour les Championnats du Monde 2026 lors du CAI 3* Horse 1 à Exloo (Pays-Bas), le dernier week-end de mars. Qu’est-ce que représente pour vous cette victoire ?

Sur les concours, nous avons trois épreuves : le dressage, le marathon et la maniabilité. Au total des trois tests cumulés, nous avons remporté la compétition. C’est très bien, même s’il y a encore des points à améliorer pour aller aux Championnats du Monde, qui vont avoir lieu au mois de septembre, et être performant. Aussi, remporter la première épreuve, le dressage, représente une grande satisfaction pour nous, puisque c’est le gros point fort de Kensington, notre cheval. Avec cette victoire et notre efficacité l’année dernière, nos chances de faire partie de l’Équipe de France en septembre se multiplient.

Vous êtes devenus Champions du monde par équipe en 2024, est-ce que votre objectif est de réitérer cette performance cette année ?

Oui, évidemment, le but est d’être Champions du monde. Après je ne suis pas tout seul, les meilleurs meneurs rêvent de ce titre mondial. C’est pourquoi il règne une certaine pression. Nous avons aussi la chance d’avoir, et ce n’est pas moi qui le dis, le meilleur cheval du monde dans sa catégorie 1 cheval. En attelage, il en existe plusieurs : 1, 2, 4 poneys ou 1, 2, 4 chevaux. Kensington est un athlète hors du commun et il nous pousse à chercher les meilleures performances parce que nous en avons les moyens. Cela rajoute de la pression que je qualifierai de positive.

Comment a démarré l’aventure en attelage ?

J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de 7 ans dans un club. Là où je m’entraînais, la monitrice proposait des petites balades d’attelage de temps en temps. Un jour, elle m’a dit qu’elle avait besoin d’un groom, l’équipier placé à l’arrière pour équilibrer la voiture. J’ai essayé, ça m’a plu et je suis tombé dedans à ne pas m’arrêter. J’ai débuté autour de mes 9 ans et j’en ai 44 aujourd’hui (rires). Mes premiers concours étaient départementaux et régionaux, je devais avoir 11-12 ans. Ensuite, j’ai enchaîné avec des concours nationaux, puis je suis devenu membre de l’équipe de France à 18 ans. Julie m’a rejoint en 2019 comme coéquipière, après m’avoir connu en tant qu’enseignant. Elle a découvert au fur et à mesure le sport de haut niveau avec Kensington et moi, alors qu’elle avait pratiqué uniquement en amateur auparavant.

Pouvez-vous en vivre aujourd’hui ?

Non, malheureusement. Je suis chauffeur poids lourd de nuit pour pouvoir bénéficier de suffisamment de temps la journée pour prendre soin des chevaux et préparer les compétitions. C’est difficile parce qu’on ne dort pas beaucoup, mais c’est le prix à payer pour pratiquer le haut niveau. Je donne aussi des cours, mais c’est toujours un peu en dents de scie : je peux avoir trop de clients d’un coup, puis plus aucun pendant 6 mois. J’ai vraiment essayé toutes les activités possibles sans que l’une d’elles finisse par devenir pérenne. Je pense que la France manque d’ouverture d’esprit, dans le sens où l’attelage est trop méconnu du grand public. Pour beaucoup, ce sont les courses que l’on voit à la télévision. Alors que dans les pays germaniques ou nordiques, l’attelage est considéré au même niveau que le jumping, la discipline la plus médiatique. ​De son côté Julie est directrice de deux agences au Crédit Agricole à Bourg-en-Bresse et éleveuse de chevaux. Ce cumul des activités est exigeant et passionnant à la fois. C’est aussi le prix à payer pour pratiquer l’Attelage à haut niveau.

Qu’est-ce que l’A-Team ?

Le nom signifie tout simplement « une équipe » en anglais. Car l’attelage est un sport d’équipe. Sans le cheval, sans le meneur, sans le groom, nous ne pouvons rien faire. Nous avons besoin de tout le monde. Notre singularité, c’est que la plupart des cavaliers changent souvent de partenaires et ne sont pas autant entourés. A-Team s’étend au-delà de notre trio. Pour se professionnaliser, nous avons eu la chance d’avoir agrandi le cercle en accueillant Guy Bessat, basé à Saint-Denis-lès-Bourg. Préparateur physique et mental, il est devenu notre manager. Pendant 9 ans, il a accompagné un cavalier de concours complet qui a remporté trois médailles aux Jeux Olympiques, dont les derniers à Paris. Après notre rencontre, il y a un an, il a décidé de nous aider et de faire partie de l’équipe. Grâce à son expérience et son réseau, il démarche des entreprises locales ou nationales pour essayer de nous trouver des partenaires. Quand je dis « le cercle s’agrandit », cela signifie que chaque sponsor nous apportant son soutien rejoint, d’une manière ou d’une autre, l’A‑Team.

Quelle est votre attache à l’Ain ?

Tout d’abord, l’Ain est une terre de cheval. C’est la deuxième région française en nombre d’équidés et de structures équestres. Et cela se ressent. Je suis arrivée en provenance de Tours, en 2015. Même si je passe énormément de temps à l’étranger pour les compétitions et mon activité, Julie me ramène au tissu local. Avec le Crédit Agricole, elle est actrice du territoire et au cœur de l’action. Julie a posé valise en 2019 et nous nous sommes vite rendu compte de l’incroyable variété du département.

Tony Écalle : bio express

  • 1990 : Premier pas en attelage à 9 ans
  • 2011 : Champion de France pour la première fois
  • 2012 : Première participation aux Championnats du Monde
  • 2015 : Arrivée dans l’Ain
  • 2019 : Julie Nauche le rejoint comme coéquipière
  • Septembre 2024 : Médaille d’or par équipes aux Championnats du Monde avec Kensington

Thibault Jeanpierre

1 Commentaire

  1. Grognet

    Si l’attelage n’est pas médiatisé la faute en incombe au système. Les sponsors ont disparu aux cours des années depuis la naissance de l’attelage sportif, la faute à la médiocrité installée sur les concours nationaux.

    Réponse

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