Au CFA du BTP, une nouvelle formation a ouvert, destinée aux personnes en reconversion.
Elles étaient cinq entreprises, le 25 avril dernier, à se présenter à des demandeurs d’emploi dans les locaux du CFA BTP Ain à Bourg-en-Bresse, à l’occasion de la journée de découverte des métiers du bois, organisée dans le cadre du recrutement de la formation sur le titre professionnel en menuisier fabricant bois du centre de formation.
L’Atelier Hanggi de Pont-d’Ain, l’entreprise Moronnoz d’Arvière-en-Valromey, Martinod frères de Songieu, les menuiseries Philibert de Frans et les meubles Mailland de Bourg-en-Bresse ont répondu à diverses questions portant sur le travail, les éventuels déplacements, le salaire, les horaires ou encore les possibilités d’évolution.
Un besoin criant
« Les formations pour adultes manquent un peu partout en France. En parallèle, nous avons vraiment cet écho d’un besoin en main-d’œuvre dans la menuiserie. Dans l’Ain, nous n’avions pas de formation de ce genre, destinée aux demandeurs d’emploi. Il est compliqué d’avoir d’un côté, la demande des entreprises, de l’autre, celle de personnes en reconversion et de ne rien pouvoir leur proposer », explique Amandine Arnaud, chargée de communication et d’animation pédagogique de la Fédération interprofessionnelle du bois de l’Ain.
Ainsi, Fibois 01, la Capeb et la Région Aura ont contacté l’an passé le CFA pour mettre en place un titre professionnel destiné à répondre à ce besoin.
« Nous avons organisé cette formation l’année dernière, pour une durée de dix mois. Sa spécificité est de porter uniquement sur un apprentissage technique et pratique, lié au métier. Les huit apprenants de la promotion, dont cinq demandeurs d’emploi, pourront être embauchés à l’issue, par les entreprises où ils ont réalisé leur stage. Nous recrutons désormais pour une nouvelle session et avons convié les entreprises à la recherche de menuisiers », développe Stéphanie Grandclément, référente du projet au CFA.
L’an dernier, le coût de la formation a été pris en charge par la Région et, hormis dans le cadre d’un apprentissage, le coup des salaires, lui, entrait dans le cadre des indemnités France Travail ou d’une subvention du Conseil régional.
« Certaines entreprises embauchent des personnes sans formation, mais c’est toujours compliqué de recruter quelqu’un, de le former et finalement de le voir partir du jour au lendemain. Là, l’investissement n’est pas le même. Grâce au soutien de la Région, l’engagement financier est moindre pour les sociétés », ajoute Amandine Arnaud. La formation pourrait de nouveau être financée par le Conseil régional, sous réserve d’un vote positif lors de la prochaine session.
Mettre en avant son entreprise
« Le secteur de la menuiserie a besoin de recruter. Ce sont des métiers physiques, un peu usants, qui attirent peut-être un peu moins les jeunes. Aussi, il est important de venir présenter la profession lors d’un rendez-vous comme celui-ci, en expliquant ce qu’elle a d’intéressant, ses opportunités… Et bien sûr, de promouvoir son entreprise », sourit Loïc Charvet, dirigeant de la menuiserie Martinod à Songieu, lors de la journée de découverte au CFA.
Pour le chef d’entreprise, recruter un apprenti ou une personne en reconversion représente moins un atout financier qu’un rôle social. « Je viens de reprendre la menuiserie. Elle était un peu en perte de vitesse. J’avais besoin de refaire l’équipe. C’est l’occasion à la fois de faire connaître mon projet, mais également, à court et moyen terme, d’embaucher. Le public en reconversion est globalement d’une plus grande maturité. Il est aussi plus volontaire et plus responsable grâce aux expériences professionnelles précédentes. »
Joséphine Jossermoz











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