La progression du crédit immobilier ralentit. En cause, la hausse des taux, le prix du mètre carré qui reste élevé et des conditions d’accès plus restrictives…
« Nous constatons un ralentissement assez récent, depuis le début de l’année 2023, du crédit immobilier en France », relève le directeur de la Banque de France en Haute-Savoie, Lionel Brunet, pointant les spécificités des deux Savoie où « la tension est plus marquée. » En revanche, la situation hexagonale semble moins problématique que chez nos voisins européens. La hausse du nombre de crédits sur un an à fin février s’établit à 5 %, contre 3,7 % en moyenne en Europe.
Les taux d’intérêt ont augmenté et s’établissent en moyenne à 2,91 % sur le territoire national en février dernier avec un bond sur douze mois de 115 points de base, contre 3,85 % en Allemagne (+236 points de base en un an). « La part des primo-accédants dans la production de crédit à l’habitat représente toujours près d’un dossier sur deux. C’est stable », constate-t- il. Même si cela reste de plus en plus difficile en Pays de Savoie, du fait d’un coût d’entrée plus élevé lié au manque de foncier. « C’est un problème structurel », analyse-t-il. Quant à l’apport moyen qui était estimé à 10 %, il dépasserait les 20 % aujourd’hui.
20 % : il s’agit du taux de flexibilité qui permet aux banques de jouer sur le taux d’effort ou la durée de prêt afin de contrer les effets de seuil et accorder les prêts. Or, elles n’utilisent qu’environ 14 % de cette marge de manoeuvre.

Foncier saturé
Le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) avait révisé en 2021 les critères d’accès aux prêts en définissant un taux d’endettement maximum à 35 % (avec un idéal estimé entre 25 et 30 %) et une durée de financement limitée à 25 ans. Pour autant, « ce ne sont pas ces mesures qui expliquent totalement que les Français pourraient avoir moins accès au crédit immobilier », nuance Lionel Brunet.
Le directeur de la Banque de France estime que le prix du mètre carré est davantage un frein, accentué par la hausse des taux. « Nous pouvons espérer que le marché retrouve un certain équilibre avec une baisse des prix, maintenant que l’argent a à nouveau un coût », estime-t- il, justifiant son propos par un léger recul, après de fortes hausses, dans les grandes villes comme Paris ou Lyon, sans nier les particularités de nos territoires.

Sandra Molloy
Photos à la une : DepositPhotos
Cet édito est paru dans le hors-série Panorama économique 2023 de l’immobilier >>













0 commentaires