Genève Aéroport a présenté ses résultats 2025, dévoilant une relative stabilité. Alors que sa fréquentation croît légèrement à 17,85 millions de passagers, son bénéfice net recule à 57,8 M€.
« Des résultats annuels satisfaisants », c’est ainsi que Jean-François de Saussure, le nouveau directeur général de Genève Aéroport, a qualifié, ce mardi, l’exercice 2025. Le chiffre d’affaires atteint 539 millions de francs suisses (MCHF ; 588,4 M€), soit +1 % sur un an. Le bénéfice net est en repli à 52,9 MCHF (contre 55,2 millions en 2024), après rétrocession de la moitié à l’État de Genève, propriétaire de l’infrastructure.
Quant à la fréquentation, elle affiche une hausse très modérée (+0,29 %) à 17 848 370 passagers, retrouvant son niveau d’avant covid (-0,44 %).
« Un trafic mitigé, en baisse de 2 à 3 % jusqu’à fin octobre 2025, avant de remonter à +6 % en décembre, après les chutes de neige, avec des tendances similaires observées en janvier et février 2026 », détaille le dirigeant.
En cause aussi, les voyages des fonctionnaires internationaux au départ de Genève, en baisse de 13 %. En 2025, les produits aéronautiques représentent 65,2 % des revenus, en progression de 2,2 % par rapport à 2024, en raison notamment de la hausse des tarifs des bagages après la mise en place du système de tri automatisé, désormais pleinement opérationnel (un investissement de 600 MCHF sur plusieurs années).
« Un succès majeur », pour le directeur. La part des revenus non aéronautiques s’établit à 34,8 %, en retrait d’1,1 % (ceux des parkings fléchissent de 4 %). Cointrin poursuit son désendettement, la dette nette passant de 773 MCHF en 2021 à 444,5 millions à fin 2025.
« Et nous visons un ratio d’endettement (dette nette/Ebitda) de 2 d’ici 2028, annonce Jean-François de Saussure, année où débutera le plan d’investissement de 2,7 milliards sur quinze ans (à horizon 2040) pour la modernisation de l’aéroport. » Lequel a été décalé suite à plusieurs recours.

Moins de mouvements, moins de nuisances
La direction de Genève Aéroport s’est félicitée de la diminution des mouvements d’avions à hauteur de 1,02 % – soit, au total, 177 288 décollages et atterrissages –, pour la deuxième année consécutive, « grâce à l’utilisation de plus gros porteurs couplée à un remplissage plus élevé (133 passagers par appareil en 2025) », analyse le directeur. Le taux de mouvements de ces avions dernière génération (classe 5) est en augmentation à 34,04 %, une croissance qui devrait s’accélérer en 2026 et 2027.
Autre fait marquant : le net recul du nombre de décollages en retard après 22 heures (-24,6 %), en lien avec la mise en place, au 1er janvier 2025, du nouveau système de quotas bruit, assorti de redevances « fortement dissuasives » pour les compagnies aériennes qui épuisent leur quota (trois ont été sanctionnées). De quoi donner satisfaction aux riverains. Reste dorénavant à régler le problème des atterrissages (88 % des mouvements nocturnes).
La crise au Moyen-Orient pèse sur les recettes
S’il est un secteur touché par le conflit au Moyen-Orient, c’est bien l’industrie aérienne. À Cointrin, ce sont 11 compagnies aériennes à destination de huit pays (Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Arabie saoudite, Israël, Liban, Jordanie) qui ne volent plus, ou moins.
Ainsi, 222 vols ont été annulés entre le 28 février et le 22 mars. L’impact financier est estimé à 450 000 francs suisses par semaine en termes de taxes d’atterrissage et passagers non perçues, la région du Moyen-Orient représentant 5 % des passagers annuels de la plateforme genevoise. S’y ajoute un manque à gagner de 200 000 CHF de redevances aéroportuaires.
« Si la crise se prolonge, cela pourrait affecter les résultats de Genève Aéroport », relève Jean-François de Saussure.
De facto, la demande sur les vols directs vers l’Asie (Pékin et Shanghai) augmente : « Certaines compagnies ont récupéré des passagers qui transitaient par les pays du Golfe pour se rendre en Asie. » L’aéroport constate également « une grande frilosité sur les réservations ; les passagers privilégiant l’attentisme jusqu’à cet été, quitte à reporter leurs voyages ».
Patricia Rey
Photo Une : Présentation des résultats 2025 à la presse – crédit Genève Aéroport








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