L’artisan chocolatier annécien, Bruno Meyer, a multiplié les investissements, mais subit de plein fouet la hausse des coûts et les difficultés de recrutement.
Créée par Huguette et Louis Meyer, la chocolaterie du même nom, reprise en 1999 par leur fils Bruno et son épouse Sandrine, s’est diversifiée et agrandie. Depuis 2019, l’artisan chocolatier confectionne aussi des biscuits et il réfléchit maintenant à fabriquer des glaces, l’été, les températures au-delà de 25 degrés ne faisant pas bon ménage avec le chocolat.
En 2020, il a investi, 1,5 M€ dans la construction d’un nouvel atelier-boutique de 600 mètres carrés dans le parc d’activités du Calvi à Poisy (au nord-ouest d’Annecy), « beaucoup plus facile d’accès pour nos clients que le centre-ville d’Annecy », explique Bruno Meyer. Il s’apprête également à réaménager, début mai, sa boutique historique, située dans la vieille-ville (300 000 euros d’investissement).

Des projets freinés
Mais ces projets sont contrariés par la flambée des coûts des matières premières et de l’énergie. « Notre facture énergétique a été multipliée par quatre et demi. On s’attend à payer entre 18 000 et 73 000 euros, selon le bouclier énergétique mis en place par l’État. Si c’est 73 000 euros, on ne passera pas 2023 », s’inquiète Bruno Meyer, qui réalise un chiffre d’affaires 2022 de 1,4 M€ (80 % chocolat, 20 % biscuiterie) avec 16 salariés.
Alors que les fêtes de Pâques approchent à grands pas, le chocolatier pointe d’autres surcoûts. Depuis deux ans, les matières premières ont augmenté de 25 %. Sur le plus long terme, « la tonne de cacao, qui se vendait 900 livres sterling en 1985, atteint 2 500 livres (environ 2 800 €) en 2023 ! », cite-t-il en exemple. Quant au container pour l’acheminer, son prix a décuplé avec la crise, atteignant 9 000 dollars. Le carton (emballage) a pris 15 à 20 % et les pots en verre (pour les pâtes à tartiner) sont, eux, introuvables.
Le chef d’entreprise n’a pas eu d’autre choix que de répercuter en partie ces hausses sur le client : « Nous avons augmenté nos prix de 8 % (deux fois 4 %), ce qui reste correct. » Dans ce contexte, il préfère anticiper et a déjà commandé, début janvier, sa collection de boîtes pour l’année… mais sans garantie d’être livré.
« Évoluer dans ces conditions devient difficile. Ce sont autant de freins à nos projets et nos investissements », regrette Bruno Meyer. Il confie, las : « Depuis le covid, la profession est fatiguée et peine à recruter. Les apprentis sont moins nombreux et, une fois formés, ils partent en Suisse, malgré l’amélioration des conditions de travail. Comment va-t-on pouvoir et devoir travailler à l’avenir ? »
Patricia Rey











bonjour,
je n’achète pas souvent mais j’apprécie énormément vos chocolats succulents, sublimes en bouche
un vrai régal et j’attends l’ouverture de votre boutique sur annecy pour y retourner et acheter par petites quantités .
merci à vous et bon courage
MME SELZER ROSE-ANNE