La condamnation d’Eurovia pour faute inexcusable par le tribunal des affaires sociales, lundi 10 mai, représente un enjeu de taille pour l’ensemble des constructeurs routiers et autoroutiers et près de 80000 salariés en contact plus ou moins prolongé avec le bitume. Frédéric Mau, délégué central CGT d’Eurovia en Bretagne, chargé du dossier pour la fédération CGT de la construction, du bois et de l’ameublement, ne cache pas que cette décision pose la question des indemnisations. « Le bitume est déjà inscrit dans les maladies professionnelles, mais seulement sur le cancer du poumon. Or, nous avons des doutes sur les cancers de la peau, des voies aéro-digestives, de la prostate et de la vessie », indique-t-il. Le syndicat compte donc profiter de cette affaire pour tirer les conditions de travail vers le haut. « Les solutions techniques existent comme la pose d’enrobés à 120 °C au lieu de 160 °C qui permet d’évacuer 70 % des fumées », propose Frédéric Mau qui voudrait négocier avec l’Etat pour imposer ce choix dans les marchés publics. Ainsi même s’il n’était pas confirmé, ce jugement ne sera pas sans conséquence. fin