La Chambre de commerce et d’industrie de Haute-Savoie a tenu récemment sa table-ronde de conjoncture. Pessimisme et attentisme sont de mise.
« Pour l’instant, l’économie haut-savoyarde tient. » C’est en ces termes que Philippe Carrier, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Haute-Savoie introduisait la table-ronde de conjoncture la semaine dernière. Non sans avoir au préalable fait remarquer que le dernier trimestre 2024 a bien souvent rimé avec un « recul significatif des chiffres d’affaires et des marges ».
Dans l’industrie, il est même question de « décrochage ». Xavier Deflache, délégué général du Medef 74, soulignait que « plus 2024 a avancé, plus les carnets de commandes se sont vidés ». Les chiffres d’affaires ont continué à se dégrader au quatrième trimestre, 37 % des entreprises affichant une baisse (contre 35 % le trimestre précédent). Le taux d’utilisation de la capacité de production est de 75 %, « contre 85 % en temps normal ».
Le décolletage semble particulièrement touché depuis la rentrée de septembre, avec un chiffre d’affaires 2024 de 2,28 Md€, soit -0,8% par rapport à 2023. Il est enfin à noter que l’industrie totalise plus de la moitié des demandes d’autorisation d’activité partielle et représente plus du quart des licenciements économiques.
Concernant le commerce international, les exportations sont restées stable au T3 2024 (1,4 Md€), mais les importations ont diminué de 3,6 %, à 1,087 Md€. Le solde de la balance commerciale demeure positif (+348 M€), soit + 16% sur 12 mois glissants.
-7% : les investissements dans les entreprises ont baissé de 7% en 2024, à 378 M€ (458 M€ en 2023).
A propos du commerce de détail, 50 % des entreprises interrogées déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires depuis le mois de septembre. La tendance est plus marquée pour les secteurs culture/loisirs et équipement de la personne avec respectivement 64 % et 70 % de panélistes en baisse. Les branches santé/beauté et alimentaire s’en sortent mieux. Le panier moyen reste stable pour la moitié des sondés.
Les services bénéficient globalement de chiffre d’affaires stables, avec une amélioration pour la restauration et les services aux entreprises. En revanche, aucun transporteur de connaît de bonification de son CA.
Du côté de la construction, tout est orienté à la baisse : le nombre de logements autorisés a diminué de 17 % en un an (7 100 à fin décembre) et celui des commencés de 4 % (6 400 à fin décembre). En parallèle, la demande locative sociale a crû de 11%. Par ailleurs, le nombre de foyers aidés via MaPrimeRénov’ a chuté de 25%, avec un montant d’aides engagées de 10,4 M€. La tendance est identique du côté des locaux : – 5% de locaux autorisés et -18% de commencés.
Olivier Tavernier, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat déclarait pour sa part que le niveau d’activité de ce secteur a été « globalement satisfaisant en 2024 », avec des chiffres d’affaires relativement stables. En revanche, une entreprise sur deux dit avoir une trésorerie « en baisse et insuffisante ».
Seuls deux secteurs apportent une touche un peu plus positive à ce tableau.
L’agriculture tout d’abord, qui, malgré une année difficile en raison de pluies abondantes, a vu les volumes de lait collecté en hausse et les ventes de fromages bien orientées lors du dernier trimestre. Le tourisme a quant à lui retrouvé le sourire, les vacances de Noël affichant un taux d’occupation de 83,5% (+4 points par rapport à 2023).
Cette conjoncture se répercute sur l’emploi qui affiche un « net ralentissement ». La demande d’emploi augmente de 3,2% sur un trimestre. Le taux de chômage du troisième trimestre est de 5,6 % (+0,1 point). Les effectifs salariés sont quant à eux en baisse de 0,6 % par rapport au T3 2023. Les pertes d’emplois les plus nombreuses concernent la construction (-3,1%) et l’intérim (-11,7%).

Photo à la une : Luis Tosta sur Unsplash











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