L’entreprise, dont le siège est sur Eclose-Badinières, s’est lancée dans le développement et la production massive d’une solution technique pour masques réutilisables.

Pionnier des matériaux textiles techniques et composites thermoplastiques haute performance, Porcher Industries a réorienté une partie de ses usines afin de permettre une production massive d’une solution technique spécialement conçue pour la fabrication de masques. Démarrée début avril, la capacité de production a déjà atteint 1 000 000 de pièces par semaine.

« Lorsque nous avons compris que les masques devenaient un sujet plus que sensible au regard de la situation sanitaire, nous avons regardé avec les équipes techniques et de développement ce que nous étions en mesure de proposer. Nous avons d’abord regardé ce que nos produits actuels pouvaient apporter en terme de filtration » explique Rodolphe Alvarez, membre du Directoire du Groupe Porcher Industries. Les caractéristiques de filtration étant très éloignées de ce que l’entreprise connaissait, les équipes se sont mobilisées pour travailler sur une structure et une composition de tissus spécifiques permettant d’obtenir un média filtrant lavable. « Nous ne souhaitions pas lancer une production sans obtenir une norme de référence » ajoute Rodolphe Alvarez. 

Photo d’illustration ©Carole Muet

Concept et matériaux

« Au-delà de nos solutions techniques et composites à base de textiles techniques destinées à l’automobile, l’aéronautique, le bâtiment et le sport, nous sommes un acteur important, depuis de nombreuses années, dans la filtration d’air chaud pour les industriels » nous précise Rodolphe Alvarez. Rapidement, le leader Porcher Industries a envoyé ses différents échantillons à la DGA (Direction Générale de l’Armement), puis à l’IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) pour vérifier si les caractéristiques étaient en adéquation avec les nouvelles normes UNS.

Après avoir passé les tests, l’entreprise a obtenu une performance de filtration de 97 % dans les conditions de tests de la DGA. « Ceci nous a permis d’obtenir une solution technique certifiée UNS-1. Les masques fabriqués sont lavables à 60° et réutilisables 10 fois lorsque les conditions d’utilisation sont respectées. Ils sèchent rapidement et ne se déforment pas. Ils sont réservés à des usages non sanitaires destinés à prévenir les projections de gouttelettes. Ils peuvent être utilisés par des populations amenées à rencontrer du public dans le cadre de leur activité professionnelle : policiers, gendarmes, hôtesses de caisses, etc.

En parallèle, et parce que ce n’est pas dans notre “business model” habituel, nous avons travaillé en “mode start-up” pour apporter une solution complète » précise Rodolphe Alvarez. Dans ce contexte, l’entreprise a dû identifier des confectionneurs locaux et régionaux pouvant réaliser les masques conformes aux préconisations de l’AFNOR. À cela il a encore fallut chercher des acteurs en mesure de livrer des élastiques, des conditionnements adaptés, etc.

Capacité de production

En terme de production Porcher Industries a décidé, dès le début de la crise, de maintenir ses activités. Il faut dire que les gestes barrières ont été très tôt imposés au sein du groupe. L’entreprise les a même fait évoluer en les renforçant au fur et à mesure des informations des l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Rappelons que l’entreprise compte 2 000 collaborateurs répartis sur 3 continents (Europe, Asie, Amériques).

Compte tenu de la forte baisse d’activités sur les marchés (-30 à -50 %), l’entreprise s’est adaptée au jour le jour. Et ce, tout en faisant face à une progression de l’absentéisme liée aux mesures normales de gardes d’enfants, de mise à l’écart des personnes à risques, etc. « Grâce au sang-froid, à la flexibilité et à la réactivité de nos salariés, nous avons pu nous adapter aux évolutions de nos marchés, aux contraintes liées au virus, mais nous avons aussi pu, en un temps record, réaliser les essais et mettre en place la capacité et la logistique suffisantes pour la production des masques. Nous avons atteint une capacité de production hebdomadaire de 1 million de masques » conclu Rodolphe Alvarez.

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Par Carole Muet