Les actions autour de ces trois domaines illustrent la bonne entente entre les services de la collectivité et de la préfecture.
« L’État est un, unique. Et je représente le gouvernement dans son ensemble », a rétorqué la préfète Chantal Mauchet, lundi 30 juin, à l’heure de présenter l’action de l’État dans l’Ain, lors de la session du Conseil départemental. Le président, Jean Deguerry, venait en effet de saluer les bonnes relations qu’entretient la collectivité avec ses services, tout en fustigeant un certain nombre de décisions nationales, comme celle d’augmenter le montant du RSA sans concertation.
Sobriété et croissance
La représentante de l’autorité administrative a cependant souligné, elle aussi, les bonnes relations que l’État local et la collectivité entretiennent. Pour les illustrer, elle a cité, entre autres, « la démarche pionnière en faveur de la préservation de la ressource en eau, dénommée “L’eau de l’Ain” ». Relevant la mobilisation des élus et des citoyens autour des Trophées de l’eau, signe qu’une « dynamique collective est à l’œuvre », elle a notamment précisé : « Dans le cadre du Plan Eau national, l’entreprise Kem One à Balan a réussi, avec l’accompagnement de la Dréal, à diminuer de 20 % ses prélèvements entre 2022 et 2024, tout en augmentant sa production. L’entreprise Carrier, à Culoz, a également réduit ses prélèvements de 15 % sur la même période. Ces performances démontrent que sobriété et croissance peuvent aller de pair. »
Plein emploi et RSA
Chantal Mauchet a également cité « le lancement de la démarche pour le plein-emploi dans l’Ain » et la mise en place, dès l’automne dernier, d’un comité départemental pour l’emploi, qui a valu au territoire, la visite de la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet. La vice-présidente Clotilde Fournier s’est d’ailleurs inquiétée d’une incompatibilité informatique entre les systèmes de la Caisse d’allocations familiales et de France Travail, qui empêche de déléguer à ce dernier service, l’orientation des bénéficiaires du RSA.
« Le problème est en cours de résolutions, mais l’on observe encore 10 % d’erreurs dans les pré-orientations », a répondu la préfète. Avec + 5 %, « l’Ain est parmi les départements qui ont connu la plus forte hausse du nombre de bénéficiaires du RSA entre mars 2024 et mars 2025. Nos efforts en matière de plein-emploi passent donc nécessairement par un accompagnement de ce public. C’est l’objectif du pacte des solidarités [… auquel] le Conseil départemental n’a pas souhaité participer », a-t-elle de surcroît regretté.Jean Deguerry s’en était auparavant expliqué : « Trop souvent, pour obtenir 1 € de crédit, nous devons nous aussi mettre 1 €. Ce mode de relation n’est pas acceptable. Et nous en sommes arrivés à un système très peu respectueux de la libre administration des collectivités. »
Ma Prime Rénov’
Enfin, la préfète avait évoqué « la nouvelle délégation d’attribution des aides à la pierre pour la construction et la rénovation des logements sur tout le territoire ». Celle-ci rend de fait le Département, seul instructeur des dossiers Ma Prime Rénov’. Une instruction pour laquelle Jean Deguerry a demandé la création d’un poste supplémentaire, face à un retard d’environ 700 dossiers et une explosion « des dossiers mal ficelés voire frauduleux, montés par des prestataires peu scrupuleux ».
Et le président de se dire « surpris que l’État n’ait pas anticipé cette dérive que nous avions dénoncée dans l’Ain ». Chantal Mauchet a répondu que le sujet figurait parmi les priorités du Comité départemental antifraude et que les contrôles allaient être renforcés. Elle a donné un avis favorable à la création d’un poste supplémentaire.
Sébastien Jacquart









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