La rencontre d’Access 01 et des Scop, qui s’est déroulée à Ambérieu le 26 février, a mis en lumière la force du « faire ensemble » pour renforcer la résilience et le développement local.
« Je pense que l’économie sociale et solidaire (ESS) est un modèle d’avenir pour le territoire », lance Ève Jullien, membre du comité de l’Ain de l’Union régionale des Scop et des Scic (Urscop), lors de la rencontre sur la coopération économique qui s’est tenue à Ambérieu-en-Bugey le 26 février.
L’événement était organisé par Access 01 – collectif départemental qui fédère les acteurs de l’ESS dans l’Ain – et le comité territorial des Scop (Sociétés coopératives et participatives), en partenariat avec la CPME 01 (Confédération des petites et moyennes entreprises de l’Ain) et Origin’Ain, le label initié par le Conseil départemental.
Il s’inscrivait dans une stratégie de visibilité. « L’objectif du collectif Access 01, c’est de favoriser l’interconnaissance et la coopération entre acteurs de l’ESS du département de l’Ain et de rendre cette économie plus lisible au travers de rendez-vous comme celui-ci. » Une manière de croiser les regards et les pratiques.
La coopération en action
« La coopération a beaucoup de couleurs », résume Bénédicte Pillot, gérante de la Scop Lukéa et cheffe de projet formation au sein de l’Urscop Auvergne‑Rhône‑Alpes. Elle signe ainsi la synthèse de la table ronde réunissant Fanny Langlois (Dessica), Frédéric Flechon (REI Industry), Florian Arot (Axeis Groupe et CPME 01) et Xavier Deloche (maire de Tramoyes).
Une diversité de profils qui illustre la pluralité des formes que peut prendre la coopération : synergies humaines, modèles économiques croisés, mobilité des compétences, partage des valeurs et des richesses. « Nous avions deux entreprises qui font exactement la même chose. Entendre Florian Arot dire à Fanny Langlois “on est vraiment concurrents et c’est génial” montre la valeur de la coopération, même entre structures semblables. Cela fait grandir les acteurs », poursuit Bénédicte Pillot.
Pour Ève Jullien, si les acteurs coopèrent, c’est d’abord « par nécessité », notamment pour dépasser la complexité administrative et juridique. Elle insiste également sur la dimension sociale : « On est tous des citoyens, donc on peut tous coopérer. » Les effets concrets sont nombreux et la robustesse de la coopération permet de « construire un territoire plus résilient, capable de rebondir rapidement face aux défis, tout en favorisant une croissance équilibrée et durable », conclut-elle.
Scop et Scic en Auvergne-Rhône-Alpes
Le modèle coopératif confirme son dynamisme dans les territoires. En dix ans, les Scop (Sociétés coopératives et participatives) et les Scic (Sociétés coopératives d’intérêt collectif) ont doublé de poids en France : 4 600 entreprises, 88 000 emplois, 10,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un taux de pérennité à cinq ans de 79 %, contre 69 % pour l’ensemble des entreprises.
Au-delà des chiffres, ces structures jouent un rôle concret dans l’économie locale. Elles relocalisent l’activité, investissent et embauchent sur leurs territoires. Un tiers d’entre elles sont implantées en zones rurales, renforçant l’ancrage territorial et la vitalité économique de communes parfois fragiles.
Les reprises coopératives permettent également de préserver les emplois et les savoir-faire, en assurant la continuité d’entreprises menacées. Un modèle qui s’affirme comme un levier durable de développement économique local.
Carole Muet








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