
Après Paris 2024, des JO d’hiver dans les Alpes françaises en 2030 ? La nouvelle a fait son effet. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur), par la voix de leurs présidents respectifs Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, ont décidé de faire candidature commune pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques de 2030. « Notre conviction, c’est qu’[avec] un duel de deux candidatures françaises, rien n’aurait été bien », précisait Laurent Wauquiez à l’AFP, ajoutant « qu’un travail commun, en associant l’ensemble des services concernés de l’État, sera mené dans les prochaines semaines », avec une décision collective attendue à la mi-septembre.
Le projet a déjà reçu le soutien du Comité olympique français (CNOSF) et le feu vert du président Emmanuel Macron. Si les réactions plutôt enjouées ne se sont pas fait attendre, émanant de grands champions et de personnalités (Martin Fourcade, Gabriella Papadakis, Alexis Pinturault, Marie-Amélie Le Fur, Michel Barnier…), certains s’interrogent. Pourquoi une telle alliance au risque de (trop) éparpiller les sites et de multiplier les déplacements (pas vraiment écologique), quand Savoie Mont‑Blanc, en Aura, concentre la majorité des équipements ?… Peut-être l’assurance d’une répartition (opportune) des coûts, sur fond de jeu politique.
Mais, ce que l’on retiendra avant tout, c’est l’opportunité rêvée de faire (encore) rayonner la France, dans l’élan des Mondiaux de ski alpin Courchevel-Méribel 2023, organisés de main de maître, de la Coupe du monde de rugby à venir, de Paris 2024 et des Mondiaux de cyclisme 2027, faisant valoir un vrai savoir-faire dans l’organisation d’événements sportifs internationaux.
Et c’est sans compter la longue tradition olympique de la France qui, dès 1924, accueillait les premiers Jeux d’hiver à Chamonix, suivis de ceux de Grenoble en 1968 et d’Albertville en 1992.
Mais pour remporter la mise, faut-il encore que ces JO soient sobres et intègrent « les mutations indispensables » voulues par le CIO, à l’heure où la planète se réchauffe dangereusement et où la montagne est en proie au “ski bashing”.
Qu’à cela ne tienne, les deux présidents rêvent d’inventer « les premiers JO d’hiver durables, ancrés dans les territoires, tournant la page du gigantisme », selon Laurent Wauquiez. « Un nouveau modèle neutre en carbone », assure Renaud Muselier. Argument en leur faveur : la réutilisation des infrastructures existantes, notamment celles des JO d’Albertville, qui fera baisser la facture et l’empreinte carbone.
S’y ajouterait un financement essentiellement privé (billetterie, partenaires), plutôt que public. Car organiser des Jeux Olympiques coûte cher, très cher. Pour preuve, le dérapage du budget de Paris 2024 : +2 Md€ à ce jour… En cause : l’inflation, portant le montant total à 8,8 milliards d’euros. Et certains gros postes, comme la sécurité (chiffrée à plus de 400 M€), n’ont pas été comptabilisés. Rien d’inhabituel toutefois… On le sait, les budgets prévisionnels des JO ne sont jamais respectés. Rappelez-vous, Barcelone (1992) +250 %, Tokyo (2021) +100 %… Fera-t-on mieux, au final ? Ce sera là tout l’enjeu.
Et, n’oublions pas, il y a d’autres candidats (même s’ils se font plus rares) : la Suède et Salt Lake City, aux États-Unis.
Cette candidature aboutira-t-elle ? Beaucoup l’espèrent, ceux que les JO et le sport font vibrer… Trente ans après ceux d’Albertville et le fiasco mal vécu du projet Annecy 2018. Il faudra attendre la session planifiée en marge des JO de Paris 2024 pour que le CIO désigne la ville hôte 2030 (et probablement 2034).
Patricia Rey
photo Une – DR












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