« J’avais des hauts, j’avais des bas. J’avais plus ou moins chaud », chantait le Suisse Stephan Eicher, dans les années 1990. Fin mai, les prix de l’électricité sont passés en territoire négatif par deux fois la même semaine… en Finlande.

Les barrages électriques fonctionnaient à plein, tandis que le réacteur nucléaire Olkiluoto 3, attendu depuis longtemps, avait été raccordé au réseau. Après des mois d’inquiétudes concernant l’accès à l’énergie en Europe et de flambée des prix, cette information a été accueillie avec un vrai soulagement là-bas et laisse un peu rêveur ailleurs. La crise est en effet loin d’être terminée. La preuve, notre gouvernement demande aux entreprises de ne pas brancher la clim en dessous de 26° dans les bureaux cet été.
Toujours fin mai, en Slovénie, on s’inquiétait des conséquences d’un éventuel retard dans la construction du deuxième réacteur nucléaire de Krško. Selon une étude du cabinet de conseil Grant Thornton, en effet, une connexion au réseau en 2039 au lieu de 2035, pourrait faire grimper le mégawattheure jusqu’à 70 euros, soit un tarif compris entre 180 et 210 €/MWh. Cette situation pourrait de surcroît imposer aux pays d’importer une électricité souvent moins propre, alors qu’il envisage de fermer sa dernière centrale à charbon en 2033.
Du côté du gaz, l’actualité fait également le grand écart. Le 8 juin, nos confrères de La Tribune titraient « Gaz naturel liquéfié (GNL), pourquoi les prix chutent, contre toute attente ». Les tarifs étaient à la baisse depuis plusieurs semaines, en lien avec un recul de la demande en Europe – où le stock constitué pendant l’été 2022 a été peu utilisé grâce à un hiver clément – mais aussi en Asie. Patatras ! Le 15 juin, le même journal annonce : « Les prix du gaz naturel ne cessent de grimper, la faute à la baisse de la production norvégienne ».
Ce ne sont là que quelques-uns des derniers soubresauts de l’actualité sur le front énergétique. Mais quels enseignements en tirer ? Primo, il est évidemment très difficile pour les entreprises de faire des choix d’investissements dans ces conditions. En témoignent, les hésitations du briquetier et tuilier Wienerberger sur ses options énergétiques futures, au-delà des mesures de sobriété.
Deuzio, la question du mix énergétique se pose avec toujours plus d’acuité en Europe. Chez nous, les services de la Première ministre ont publié le 13 juin un document de travail renforçant les objectifs pour l’éolien en mer et le nucléaire, en amont du débat parlementaire prévu pour cet automne en vue d’une grande loi de planification des objectifs énergétiques. Tertio, redisons-le, les mécanismes de fixation des prix de l’énergie en général et de l’électricité en particulier restent à revoir. On en parle depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Hélas, les ministres européens de l’Énergie, réunis le 15 juin lors d’un Conseil au Luxembourg, ont échoué à trouver un accord.
Image à la une : https://www.rte-france.com/eco2mix/les-donnees-de-marche












0 commentaires