L’entreprise adaptée collecte et trie les déchets de bureau. Une activité en pleine croissance.
L’assistant personnel de Fabrice Bonnet, gérant de la société Elise Alpes, basée à Argonay, réserve un accueil particulièrement chaleureux aux visiteurs, venant quémander une caresse amicale. Ce berger australien, Hope, est en effet la mascotte de l’entreprise adaptée qui emploie 65 personnes sur quatre sites distincts.
« Ici, confirme le dirigeant, les volontaires pour le sortir ne manquent pas ! » Sa laisse est d’ailleurs à disposition dans le hall d’entrée… « Un animal, ça met du liant dans les équipes », poursuit celui qui arbore un tatouage de loup sur le bras et qui n’a pas pris les rênes d’une telle structure par hasard. « J’ai fait une grande partie de ma carrière dans des sociétés de propreté, mais à la fin, j’avais le sentiment de davantage gérer des lignes de tableaux Excell que des hommes. Cela n’avait plus de sens. »
Après avoir quitté son dernier employeur, il découvre Elise, réseau de collecte et de recyclage de déchets de bureau, en surfant sur internet. C’est le début d’une histoire d’amour. « Je suis allé à Lille rencontrer le fondateur, Alexis Pelluault, en 2012, le jour de la Saint-Valentin. Je suis arrivé à 10 h 30 et à midi, ma décision était prise : je serai son 4e franchisé. »
En mai 2012, Elise Alpes voit le jour à Seynod, sans client ni salarié. Aujourd’hui, elle réalise 3 400 collectes de déchets de bureau par mois auprès d’entreprises et d’administrations depuis ses quatre sites. Car après Seynod, Fabrice Bonnet a ouvert des antennes à Grenoble (en 2014), à Valence (en 2017) et à Bourg-en-Bresse (en 2020), au gré des opportunités de ramassage. Et de Seynod, le site principal a dû déménager dans des locaux plus grands à Argonay en 2023. Parallèlement, son chiffre d’affaires n’a cessé de progresser, atteignant 3,2 millions d’euros en 2024 et probablement 3,6 millions en 2025.
« Nous signons en permanence de nouveaux marchés qui s’ajoutent à nos contrats annuels renouvelés par tacite reconduction. » 93 % de ce chiffre est le résultat des collectes. La revente de déchets ne représentant que 7 à 8 %.

Petit acteur du monde du recyclage, Elise Alpes puise sa force dans le sur-mesure, en s’adaptant aux demandes de ses clients, ainsi qu’en apportant une réponse y compris à ceux qui n’ont que des volumes restreints à évacuer. Son cœur de métier est le collectage de tous les papiers avec, ensuite, un tri manuel minutieux pour une revalorisation optimale. Elle ramasse cependant une vingtaine de types de détritus différents, tels que le carton, les bouteilles, les cannettes, les gobelets… bref, tout ce qui peut être généré par une communauté de salariés.
Depuis quelques années, elle s’intéresse en outre aux biodéchets que sont les restes alimentaires des cantines, restaurants, salles de pause, hôpitaux… « En 2024, nous en avons ramassé 249 tonnes et fin 2025, nous serons certainement autour de 330 tonnes. » Les hôtels et restaurants des stations de Tarentaise étant de gros pourvoyeurs en la matière.
Soucieux de compenser, à l’avenir, la perte inexorable de volumes de papiers, Fabrice Bonnet tente de développer d’autres filières, telles que l’enlèvement de fûts de bière ou de radios. Ces dernières, une fois les enveloppes, comptes-rendus médicaux et autres feuilles triés, sont récupérées par un prestataire qui y prélève des métaux rares.
« Je cherche des partenaires qui seraient prêts à nous donner des radios, comme l’hôpital d’Albertville chez qui nous avons récemment réalisé une évacuation d’archives », conclut le dirigeant, non sans avoir précisé que tous les documents confidentiels sont au préalable détruits sur place, certificat à l’appui.
Handicap
Sur les 65 salariés d’Elise Alpes, 42 sont en situation de handicap, soit 65 % de l’effectif. C’est plus que l’obligation légale pour bénéficier du statut d’entreprise adaptée (55 % minimum). En 2025, cinq postes ont été créés et deux autres embauches devraient intervenir d’ici la fin de l’année. « Le seul regret que j’aie, c’est de n’avoir que très peu de personnel féminin en production, faute de candidates », déplore Fabrice Bonnet.










0 commentaires