Bousculées entre les enjeux de transformation digitale et la nécessité de conserver une proximité avec leurs clients, les banques iséroises tentent de répondre aux attentes des consommateurs pour survivre dans un secteur concurrentiel.

L’Isère serait-il un eldorado pour le secteur bancaire ? Si la formule peut paraître forte, il n’en demeure pas moins que le département dispose d’une série d’atouts assurant un contexte propice au développement du secteur bancaire. « C’est un territoire où le taux de chômage est inférieur de 1,2% par rapport à la moyenne nationale, et où l’on a enregistré un bond de 12 000 nouvelles créations d’entreprises en 2018. Le nombre de fermetures de sociétés s’avère quant à lui plutôt en diminution, de même que le taux de surendettement des ménages », observe Arnauld André, président de l’antenne iséroise de la FBF et directeur commercial de la clientèle de proximité pour le Crédit Agricole Sud Rhône-Alpes. De bonnes nouvelles qui viennent alimenter le secteur de la banque de détail, qui comprend en Isère près de 487 agences et 34,3 milliards d’euros de crédits cumulés. Mais on retrouve également en Isère, à l’image du reste de l’Hexagone, certains enjeux de fond qui balaient la profession : « Les taux bas actuels ont un impact sur les comptes d’exploitation, ainsi que le changement profond des modes de consommation des clients fait que ceux-ci consomment davantage de digital», note Philippe Delacarte, président de la Banque Rhône-Alpes, filiale du groupe Crédit du Nord.

Le nouveau visage des agences

Alors que plusieurs réseaux avaient annoncé, au cours des dernières années, des plans de restructuration – à l’image du groupe BPCE qui a acté la fermeture de plus de 400 agences ainsi que 11 000 départs à l’échelle nationale courant 2017 –, des réseaux isérois ont fait le choix inverse. Le CASRA a par exemple fait le pari de renforcer sa proximité, à travers un plan de modernisation de ses 200 agences, amorcé en 2015, pour une enveloppe de 60 millions d’euros. La Banque Rhône-Alpes, qui a choisi de se placer à contre-courant des réseaux généralistes, en misant sur une clientèle « premium » locale et de niche, a elle aussi annoncé récemment une refonte de ses centres d’affaires vers un nouveau concept d’agence, reprenant le modèle du coworking, où les conseillers seront regroupés à l’intérieur d’un plateau central, accessible aux clients. Testés à Lyon début décembre, ces nouveaux espaces (investissement : NC) seront progressivement déployés à l’échelle iséroise. Ainsi, tout l’enjeu des banques iséroises pourrait être de trouver la bonne combinaison entre la digitalisation de leurs services et le maillage de leur réseau d’agences. Arnauld André estime que le digital ne fera pas disparaître la banque, mais la transforme : « Cela nous permet de mieux répondre aux attentes des clients, tandis que les agences constituent encore une forme de réassurance».

Source : IFOP/Anytime (2017)


Par Marie Lyan