La célèbre marque au fuseau née à Annecy (Haute-Savoie), devenue sport chic et haut de gamme, veut intensifier sa présence en Asie et en Amérique du Nord. Alexandre Fauvet, son directeur général, nous dévoile sa stratégie.

En ouvrant son capital à des investisseurs indépendants fin mai 2018, Fusalp se donne clairement les moyens de ses ambitions et entend entamer un nouveau cycle de croissance.

« Jusqu’à présent, et depuis 2013 – année du rachat de la marque par Philippe et Sophie Lacoste et moi-même -, notre challenge a été de consolider ses fondamentaux. Cette étape nécessaire s’est traduite par le repositionnement de la marque, l’élargissement de l’offre au prêt-à-porter, la création d’une cellule R&D (Fusalp a déposé un brevet international sur la thermorégulation, Ndlr) et l’ouverture de boutiques en propre pour trouver un équilibre économique », détaille son directeur général, Alexandre Fauvet.

Alexandre Fauvet, le directeur général de Fusalp, et aussi actionnaire. ©Fusalp

Cap sur l’Asie et l’Amérique du Nord

Actuellement à la tête de 20 boutiques en France (Paris, Annecy, Lyon, Courchevel, Megève…) et deux en Suisse, en propre ou en affiliation, et présente dans une vingtaine de pays « mais de façon un peu cosmétique via 350 magasins multimarques », l’enseigne au coq sportif entend accélérer son développement retail à l’international. Principalement en Asie, au Japon, en Chine et en Corée, et aussi en Amérique du Nord où ses collections remportent un vif succès. « Nous y réalisons déjà un flux d’affaires important, de l’ordre de 25 % de notre chiffre d’affaires export… notre potentiel de croissance est considérable », s’enthousiasme le dirigeant. Et l’entreprise haut-savoyarde ne compte pas s’en priver et prévoit même d’atteindre l’équilibre en réalisant 50 % de ses ventes à l’étranger d’ici 2022.

La collection automne-hiver 2019 très sport chic et haut de gamme. ©Fusalp

L’Europe n’est pas en reste et connaît un essor soutenu, en particulier sur les marchés scandinaves et suisse où la marque possède des boutiques en propre. En pleine ascension, elle annonce l’ouverture d’une 3boutique à Crans Montana, qui viendra s’ajouter à celles de Zermatt et de Verbier. En Russie, où elle est toujours en négociation avec un groupe, le développement prendra plus de temps que prévu, en raison de la situation économique un peu compliquée et de la dévaluation du rouble.

Ici, la boutique Fusalp à Annecy. Un 6e point de vente ouvrira ses portes à Paris dans les semaines à venir. ©Fusalp

 

Sur le salon Pitti Uomo organisé mi-juin à Florence (Italie), la marque a exposé ses collections  printemps-été 2019 sur 80 m2. Le design du stand a été confié à l’architecte Dillon Garris. ©Fusalp

L’entreprise annécienne retrouve des couleurs et sa rentabilité. À fin mai, date de clôture de son exercice 2017-2018, son chiffre d’affaires affiche une croissance de 45 % à 16,4 millions d’euros, contre 6,2 millions en 2013. Dopée par ses très bons résultats et ses nombreux projets, elle mise sur une croissance moyenne annuelle de 35 % dans les prochaines années. Avec un objectif de 40 millions d’euros à trois ans. La marque prévoit aussi d’augmenter ses effectifs, estimés pour l’heure à 70 salariés (dont une vingtaine en boutiques).


Par Patricia Rey


De nouveaux actionnaires au capital

Fusalp a choisi d’ouvrir son capital à des investisseurs indépendants, reconnus pour leur expertise et leurs compétences dans le capital investissement, la mode et le commerce.

On peut citer Frédéric Biousse et Élie Kouby, fondateurs d’Experienced Capital, qui investissent cette fois à titre privé ; Nicolas Houzé, directeur général des Galeries Lafayette ; Léopold Meyer, fondateur de Florac et Patrick Sayer, ex-dirigeant d’Eurazeo. Ils détiennent désormais 12 % du capital (le montant de la valorisation n’a pas été communiqué, Ndlr), la famille Lacoste et Alexandre Fauvet conservent les 84 % restants.