L’association Haute-Savoie Nordic fait son bilan et annonce d’importants investissements pour remettre le ski de fond en piste durablement.
L’hiver 2020-2021 aura été riche d’enseignements pour le ski nordique, et particulièrement pour Haute-Savoie Nordic qui a vu ses sites littéralement pris d’assaut. Avec la fermeture des remontées mécaniques, le chiffre d’affaires de l’association a bondi de 111 %, à 4,2 millions d’euros au lieu de 2 millions habituellement. Les chiffres affichent des croissances à deux, voire trois chiffres : +220 % de pass journaliers, +274 % de pass hebdomadaires, +78 % de journées skieurs, +45 % de scolaires… « Ce sont donc 445 000 titres qui ont été vendus l’hiver dernier », totalise Matthieu Desprat, le nouveau directeur de Haute-Savoie Nordic (arrivé en mai dernier), également guide de haute montagne. Des records, même si le ski nordique progresse régulièrement depuis cinq ans, dans le sillage du biathlon dont la cote de popularité a explosé avec Martin Fourcade, quintuple champion olympique.

Cependant, les 24 domaines haut-savoyards ne sont pas tous logés à la même enseigne. En tête, le site du Grand-Bornand a vu ses recettes quasiment tripler, passant de 180 000 euros à 509 000 euros en 2021, alors que celui des Glières, pourtant prisé, affichait “seulement” 385 000 euros, au lieu de 320 000 en 2020. La faute à des infrastructures déficientes. Selon Matthieu Desprat, le ski de fond est longtemps resté le parent pauvre du ski, souffrant d’un manque flagrant d’investissements. « Par conséquent, nous ne sommes pas équipés pour absorber de gros pics », reconnaît-il.
Un plan Marshall pour le fond
Pour y remédier, un véritable plan Marshall a été annoncé par Martial Saddier, le président du Département de la Haute-Savoie, début septembre. Si le montant (et la répartition) est encore confidentiel – des annonces seront faites d’ici un mois –, il devrait être suffisamment important pour repenser totalement les transports, les parkings, la capacité d’accueil des centres nordiques, l’accès aux pistes et la billetterie (des systèmes de cartes RFID font l’objet d’expérimentation). Par ailleurs, des zones ludiques seront créées pour favoriser l’initiation, notamment des scolaires (ils sont 25 000 chaque année sur les pistes). Un public cher au Département qui entend œuvrer pour que le ski nordique reste un sport social, accessible à tous.
À la Une, ski de fond sur le plateau des Confins – crédit photo La Clusaz
Patricia Rey
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