En Pays de Savoie, le marché de l’immobilier ancien enregistre des records. Les transactions et les valeurs grimpent. Le point sur l’année 2022 avec la Fnaim.
S’il est un marché qui, depuis deux ans, connaît une trajectoire ascensionnelle, c’est bien l’immobilier ancien, en Savoie comme en Haute-Savoie et dans l’Ain, porté par les propriétaires occupants et les investisseurs. En 2022, le nombre de transactions s’établit à 40 111, contre 39 147 en 2021, année record. La Haute-Savoie domine le marché avec 45,35 % des ventes (18 190 biens vendus), suivie dans un mouchoir de poche par la Savoie, avec 27,44 %, et l’Ain, 27,21 %, selon les chiffres de la Fnaim Savoie Mont-Blanc, présentés fin janvier.

Hausse des prix
Sans surprise, Annecy caracole en tête avec 2 368 ventes enregistrées, au prix moyen de 5 418 euros le mètre carré (compter 4 886 €/m2 dans le bassin, soit +6,2 % comparé à 2021). Ici comme ailleurs, les prix sont tirés vers le haut, dopés par une forte demande.
Dans le Genevois français et le Chablais, où 80 % des clients sont des frontaliers et 20 % des Suisses, les chiffres à la vente et à la location continuent de grimper.
Les professionnels pointent « une bulle gonflée par la forte attractivité économique de la Suisse ».
Ceux qui y travaillent viennent se loger en France, où les biens restent moins chers. À l’instar du Léman, où un appartement s’échange 4 219 € le mètre carré (+12,7 %).
En Savoie, les transactions comme les valeurs moyennes bondissent autour de 3 224 €/m2 (+14,6 %) dans Grand Chambéry et 4 328 € (+5 %) à Aix et alentour. Conséquence directe : les jeunes et les primo-accédants sortent du marché, pénalisés par la hausse cumulée des taux de crédit et d’usure, sur fond d’inflation.
Perspectives 2023
Est-ce que l’immobilier va baisser en 2023 ? Sébastien Cartier, président de la Fnaim Savoie Mont-Blanc, prédit un recul de 10 à 15 % (aux niveaux de 2018-2020) après deux années exceptionnelles, compte tenu de la pénurie d’offre et de la remontée des taux d’intérêt :
« Néanmoins, le marché restera dynamique, soutenu par les frontaliers, du Genevois à Grand Lac. Si les taux devaient augmenter fortement, cela pourrait avoir une incidence sur les prix, qui devraient stagner. »
Concernant l’immobilier en montagne, la Fnaim s’inquiète et alerte le gouvernement, jugeant que le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’y est « pas applicable en l’état actuel de la loi ».
Patricia Rey, avec Audrey Lebedeff











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