À la montagne, plus des 3/4 des logements sont énergivores et risquent d’être interdits à la location dans les années à venir.
L’inquiétude est palpable chez les propriétaires de meublés de tourisme à la montagne. Si la loi Climat et résilience finit par gagner les stations de ski, c’est toute l’économie locale qui pourrait en pâtir. Selon le calendrier appliqué aux logements traditionnels, dès 2025, il sera interdit de louer des logements ayant une étiquette G, 2028 pour ceux classés F et 2034 pour les catégorisés E au titre du nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE).
« Pour les stations, rien n’est encore validé, nuance Bérengère Servat, présidente adjointe de la Fnaim Savoie Mont- Blanc. Ce ne sont pour l’instant que des bruits de couloir. » Pour autant, la fédération veille et n’hésite pas à monter au créneau sur les effets qu’aurait une telle mesure si elle était mise en application sans concertation. Le président national Loïc Cantin a notamment été auditionné par le Sénat.
« Mais sera-t-on écouté ? », se demande Bérengère Servat, citant l’audit réalisé par la Fnaim qui relève que 76 % des biens en station sont classés E, F ou G. « Nous craignons que le gouvernement souhaite aller vite », prévient- elle.
37,8 % : il s’agit de la proportion de biens classés F ou G situés dans les communes de montagne, qui pourraient sortir du parc locatif dans cinq ans.
Source : Fnaim

Accélération du calendrier ?
La mesure concernerait donc un gros volume de biens « avec aucune aide clairement définie », constate la présidente adjointe, qui s’interroge sur les moyens pour accompagner les propriétaires dans la rénovation énergétique de ces bâtiments. Sachant que le dispositif gouvernemental MaPrimeRénov’ a été récemment dénoncé par la Défenseure des droits Claire Hédon, relevant de nombreux dysfonctionnements dans le versement des subventions.
« Doit-on appliquer les mêmes critères ? », questionne encore Bérengère Servat, soulignant les spécificités des logements de montagne en général moins bien classés qu’en plaine du fait de l’altitude et des hivers incitant à chauffer davantage. « Il y a un risque que des biens sortent du scop de la location professionnelle », s’inquiète-t- elle encore, pointant une accélération du non-contrôle des rénovations et l’amplification d’un marché parallèle de la location.

Sandra Molloy
Cet article est paru dans le hors-série Panorama économique 2023 de l’immobilier >>













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