3 des 7 sociétés détenues par ACI Group en Savoie Mont-Blanc ont déjà été liquidées. En redressement judiciaire, les 4 autres devraient être fixées sur leur sort d’ici le 4 février.
Les difficultés d’ACI Group ont de fortes répercussions en Savoie Mont-Blanc. Depuis sa création en 2019 par le très médiatique Philippe Rivière, associé à Patrice Rives, l’ETI a racheté une quarantaine de sociétés dont deux en Savoie, cinq en Haute-Savoie. Fort de savoir-faire complémentaires, l’ensemble ainsi constitué employait 1 300 salariés en France, pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 200 M€.
Côté Savoie, Berthier Alpes (une vingtaine d’employés à La Bâthie), qui publiait, en 2018, un chiffre d’affaires de 3,08 M€ a été liquidée. « Nous sommes intervenus entre Noël et le jour de l’an auprès des salariés qui n’avaient pas touché leurs salaires de novembre, décembre et leur solde de tout compte. De ce fait, ils se trouvaient dans une situation inextricable ne leur permettant pas de s’inscrire à France Travail », relate Fabrice Fort, délégué CGT Métaux Auvergne-Rhône-Alpes. La centrale syndicale reste mobilisée auprès des équipes, qui pourraient engager une action auprès du tribunal des prud’hommes pour un problème touchant aux retraites complémentaires.
La société Rectichrome, qui employait une douzaine de personnes pour un chiffre d’affaires 2024 de 525 000 €, est également en liquidation judiciaire. Si ses ateliers étaient installés à Entrelacs (73), son siège officiel avait été transféré à Saint-Pierre-en-Faucigny (74), à la même adresse que MPM, également liquidée.
Vendue en 2021 par le groupe Walor à ACI Group, MPM a vu ses effectifs tomber de 90 personnes en 2018 à 34. « Son site, qui s’étendait sur 10 000 m², abritait un parc de machines très performant. Les factures d’électricité n’étant pas payées, les conditions de travail se sont dégradées, ce qui a conduit ACI à déménager les machines dans un autre bâtiment. Ce transfert a généré des problèmes de qualité, des retards de livraison et, au final, la perte des deux clients principaux », raconte Fabrice Fort.
Redressements judiciaires
Toutes implantées dans la vallée de l’Arve, les quatre autres entités sont en redressement judiciaire. Il s’agit de Molliex Frères (Thyez ; CA 2023 : 6,55 M€, résultat net : 134 000 €), MPR (Scionzier, CA 2024 : 4,53 M€, RN : 113 000 €), Experdeco (Marignier, CA 2024 : 2,04 M€ ; RN : 649 000 €) et Lacroix Poncet (Marignier, CA 2023 : 1,95 M€ ; RN : -662 000 €).
Les repreneurs éventuels ont jusqu’au 29 janvier à minuit pour déposer leur offre. Le tribunal de commerce de Lyon les étudiera et devrait rendre sa décision le 4 février : prolongation de la période de redressement judiciaire, validation de projet(s) de reprise ou liquidation judiciaire. Suite à une plainte déposée au pénal pour flux anormaux de gestion, une enquête est, par ailleurs, en cours.
Sophie Boutrelle
Photo : Sandra Molloy









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